Congrès mondial pour la nature : Les experts alertent sur les risques de nouvelles pandémies

« ONE EARTH » Réunis ce lundi dans une conférence sur la réduction des risques des pandémies futures, des scientifiques ont appelé à une gestion globale de la santé animaux-humains- environnement

Alexandre Vella
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Davantage étudier la faune sauvage et leurs liens avec les animaux domestiques est déterminant, estime les scientifiques
Davantage étudier la faune sauvage et leurs liens avec les animaux domestiques est déterminant, estime les scientifiques — Yohan Charbonnier / LPO Aquitaine
  • La pandémie de Covid-19 est la sixième pandémie depuis la grippe espagnole il y a un siècle.
  • « Deux nouveaux virus d’origines animales passent dans la population humaine chaque année », prévient un scientifique.
  • Face à ce constat, les scientifiques ont alors exploré des pistes permettant de réduire les risques de pandémies futures ou, à défaut, de pouvoir en atténuer les effets.

« L’humanité ne saurait bien vivre elle-même sur une planète malade. » Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, attendu ailleurs, a eu le temps ce lundi de lancer la discussion autour d’une gestion globale de la santé des animaux, des humains et de l'environnement. Une motion qui fera l’objet d’un vote au sein des différents pays réunis à Marseille à l’occasion du Congrès mondial pour la nature (IUCN).

Naturellement, « l’incidence sur l’humanité et les structures sociales du Covid-19 », virus « qui va rester pour de bon », a estimé le docteur David Nabarro, encourage actuellement de telles discussions. D’autant que la pandémie de Covid-19, la sixième depuis la grippe espagnole en 1918, n’inspire pas à l’optimisme. « Deux nouveaux virus d’origines animales passent dans la population humaine chaque année », a-t-il prévenu.

Parvenir à 30 % de zones terrestres protégées

Concernant les maladies infectieuses, comme l’est le Covid-19, « 85 des maladies émergentes proviennent de la faune sauvage a poursuivi Jon Paul Rodriguez, membre de la commission de suivi des espèces menacées de l’IUCN, Dont 42 % sont des variants ». Face à ce constat, les scientifiques ont alors exploré des pistes permettant de réduire les risques de pandémies futures ou, à défaut, de pouvoir en atténuer les effets.

En premier lieu « rendre de l’espace à la nature et réduire son exploitation, même si cela n’est pas dans notre intérêt économique », a appelé Ingrid-Gabriela Hoven, de l’agence allemande de coopération internationale pour le développement. Avec comme horizon, parvenir à 30 % de zones terrestres et autant de surfaces maritimes protégées. Une surveillance accrue du commerce d’espèces sauvages, une meilleure hygiène dans la chaîne alimentaire et la « réduction de notre dépendance à des produits issus d’élevages industriels » ont également été évoquées.

« On a plus appris sur le vison lorsqu’on a découvert le coronavirus chez lui »

Parallèlement à cela, les scientifiques ont appelé à davantage de recherche sur les maladies qui touchent la faune sauvage et leurs liens avec les animaux domestiques. Un cocktail « à fort potentiel », a souligné Jon Paul Rodriguez qui redoute l’amnésie qui survient après chaque crise. « On a plus appris sur le vison lorsqu'on a découvert le coronavirus chez lui que ce que l’on savait avant », a-t-il résumé. « Il faut changer de paradigme ».

Pour cela les pays devraient coordonner leurs efforts et œuvrer à la mise en place d’un système global de santé prenant en compte celles des animaux, des humains et de l’environnement. C’est le sens de la motion One earth – One health (Une terre – Une santé) qui sera soumise au vote des 160 pays représentés l’IUCN.