Pass sanitaire à Nice : « Pas vaccinés », « fatigués du test antigénique », ils ont utilisé le QR code de leurs proches

EPIDEMIE Depuis le 9 août, le pass sanitaire est obligatoire pour se rendre au restaurant, à des événements ou pour des trajets longue distance en transports publics par exemple

Elise Martin
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Pour les événements, il est nécessaire de montrer un pass sanitaire. (Illustration)
Pour les événements, il est nécessaire de montrer un pass sanitaire. (Illustration) — L. Urman / SIPA
  • Depuis l’entrée en vigueur du pass sanitaire obligatoire dans certains endroits, des mécontentements se font entendre au point où certains contournent cette mesure en utilisant le QR code de leurs proches.
  • Seules les forces de l’ordre peuvent vérifier l’identité des détenteurs du QR code, ce qui facilite les tentations de fraudes.
  • Quentin* et Cléa* racontent les raisons qui les ont poussés à agir de cette manière. Sabrina* explique quant à elle, pourquoi elle a accepté de partager son certificat vaccinal.

Pour boire un verre ou voyager, il est nécessaire de montrer son pass sanitaire, c’est-à-dire, un certificat de vaccination, un test PCR ou antigénique négatif ou preuve de « rétablissement ». Son entrée en vigueur a déclenché de nombreuses manifestations depuis trois semaines mais elle a aussi fait place aux fraudes. En effet, quid du QR code délivré, « tout ce qui est vérification des pièces d’identité n’est pas de la responsabilité des établissements, mais de celle des forces de sécurité », a indiqué le Premier ministre Jean Castex. 20 Minutes a récolté les témoignages de Niçois qui ont utilisé le certificat de leurs proches.

« Sans être antivax, je ne suis pas forcément d’accord avec les mesures appliquées et l’obligation du pass sanitaire, indique Quentin*, 27 ans. J’ai alors retardé ma vaccination le plus possible jusqu’à ce que ça soit presque obligatoire pour vivre. » Dans l’attente de sa deuxième dose, ce Niçois originaire d’Occitanie a préféré demander à un ami plutôt que d’aller se faire tester. « En bas de chez moi, il faut une heure d’attente puis une autre heure pour avoir les résultats. Je voulais boire un verre, c’était momentané et le QR code, je l’ai eu au premier message envoyé. Par contre, je n’ai pas osé l’utiliser pour passer la frontière ».

Partager, oui mais pas à n’importe qui

Cléa*, 24 ans, partage cette expérience, pour pratiquement les mêmes motifs. « Personne ne vérifie l’identité, excepté la police, donc le serveur n’y a vu que du feu et m’a même remerciée, avoue la jeune femme. Après, si j’avais eu une amende, peut-être que je n’aurais pas réitéré l’expérience ».

En effet, sur le certificat de vaccination, il est stipulé que « ce document est personnel et non transférable ». Mais aussi que « la loi rend passible d’amende et/ou d’emprisonnement quiconque se rend coupable de fraudes ou de fausses déclarations (articles 441-1 du Code pénal). En outre, la falsification ou l’établissement de faux documents, ainsi que l’utilisation de tels documents sont passibles d’une pénalité financière aux titres des articles L. 162-1-14 du Code de la Sécurité sociale. » Le Code pénal prévoit ainsi trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende pour faux et usage de faux, indique un article de Libération à ce sujet.

Sabrina*, elle, a transmis son certificat vaccinal à une amie. « Je l’ai fait parce que c’était une proche. Je savais qu’elle en avait besoin à un moment précis et qu’elle attendait sa deuxième dose. Elle m’a aussi dit qu’elle n’en pouvait plus de faire les tests antigéniques. » Elle ajoute : « Mais je ne le donnerai pas à n’importe qui, ça dépend de mon amitié et de la situation. Je ne veux pas le partager à tout va, c’est aussi une marque de confiance. De toute façon, pratiquement tout le monde de mon entourage a reçu ou va bientôt recevoir sa certification vaccinale. »

* Les prénoms ont été modifiés.