Vaccination anti-Covid : Une étude britannique avance que la protection baisse nettement au bout de six mois

VACCINS Les chercheurs qui ont mené cette étude, concentrée sur la protection contre l'infection après un vaccin AstraZeneca et Pfizer, poussent pour que le Royaume-Uni réfléchisse à une campagne de rappels

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'une personne se faisant vacciner avec du Pfizer/BioNTech.
Illustration d'une personne se faisant vacciner avec du Pfizer/BioNTech. — AFP

Une nouvelle étude qui vient renforcer les craintes d’une protection vaccinale limitée dans le temps face au Covid-19. La protection contre le coronavirus conférée par les vaccins de Pfizer-BioNTech et d’Oxford/AstraZeneca diminue notablement au bout de six mois, indique mercredi une étude britannique, plaidant selon ses auteurs en faveur de campagnes de rappels.

Protection contre l’infection à 74 % six mois après l’injection pour Pfizer

Un mois après avoir reçu la deuxième dose, le vaccin Pfizer permet d’éviter à 88 % d’être contaminé par le Covid-19, mais cette protection tombe à 74 % après cinq à six mois, selon la dernière analyse de l’étude Zoe Covid.

Pour le vaccin d’AstraZeneca, l’efficacité passe de 77 % un mois après l’administration de la deuxième dose à 67 % après quatre à cinq mois, affirme l’étude, réalisée à partir de données collectées auprès d’environ un million d’utilisateurs de l’application Zoe, mise en place par un groupe privé du même nom, et analysées par les chercheurs du King’s College de Londres et de l’équipe de Zoe.

Ces derniers ont analysés les contaminations survenues entre le 26 mai et le 31 juillet 2021 chez des personnes ayant chargé l’application entre le 8 décembre 2020 et le 3 juillet 2021 après avoir été vaccinées.

La campagne de vaccination britannique, qui a actuellement administré une deuxième dose à 77 % des plus de 16 ans, a visé en priorité les personnes âgées et celles considérées comme fragiles ainsi que les travailleurs de la santé. Ces groupes sont donc, selon les chercheurs du King’s College, ceux chez qui la protection a le plus diminué.

« Urgent de prévoir des rappels de vaccin »

« Dans un scénario catastrophe raisonnable, on pourrait voir une protection inférieure à 50 % pour les personnes âgées et le personnel de santé d’ici l’hiver », a estimé le professeur Tim Spector, scientifique à la tête du projet.

Si ce chiffre concerne les contaminations et non les formes graves, cela pourrait se traduire par « une augmentation des hospitalisations et décès » si le pays est soumis à des niveaux de contamination élevés et un variant hautement transmissible.

C’est pourquoi le chercheur estime « urgent de prévoir des rappels de vaccin », ce qui impliquerait aussi de réfléchir à la pertinence de la vaccination des mineurs, « en fonction des ressources en vaccins ».

Cette question du rappel est désormais envisagée par plusieurs pays, dont le Royaume-Uni qui compte proposer une nouvelle dose aux plus vulnérables à partir de septembre malgré les réticences de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui voudrait privilégier la vaccination des pays pauvres.