Une contraception à base d'anticorps et sans hormone ? C'est possible, selon des chercheurs

TRAITEMENT Selon des premiers tests réalisés sur des moutons, cette nouvelle méthode aurait une efficacité supérieure à 99 %

20 minutes avec agence
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Illustration d'une plaquette de pilule contraceptive
Illustration d'une plaquette de pilule contraceptive — Pixabay

Il pourrait s’agir d’une bonne nouvelle pour toutes les femmes qui cherchent une alternative à la contraception hormonale. Des scientifiques  américains travaillent actuellement sur un nouveau type de contraceptif à base d’anticorps anti-spermatozoïdes, rapporte le site Science Alert, vendredi 13 août. Cette nouvelle étude a été publiée dans Science Translational Medicine.

L’équipe de chercheurs de l’Université de Caroline du Nord s’est ainsi intéressée aux anticorps anti-spermatozoïdes produits par certaines femmes atteintes d' infertilité​ immunitaire. « Leur appareil reproducteur piège vigoureusement les spermatozoïdes mobiles dans le mucus et les empêche d’atteindre l’ovule », expliquent les scientifiques.

Éviter les nombreux effets secondaires

Les chercheurs ont ainsi créé des anticorps modifiés qui seraient huit fois plus efficaces. Ces derniers réussiraient alors à capturer les spermatozoïdes et les empêcheraient de se déplacer. C’est ce qu’on appelle le processus « d’agglutination ». Concrètement, ces anticorps seraient implantés directement dans le vagin via un film à dissolution rapide ou des anneaux intravaginaux qui permettraient leur libération constante.

Cette nouvelle méthode de contraception devrait donc permettre d’éviter les nombreux effets secondaires des contraceptifs hormonaux (prise de poids, migraines, sauts d’humeur, dépression…) ainsi que les éventuels risques de caillots sanguins, voire de cancer du sein. Mais il pourrait également présenter d’autres avantages.

« Plutôt que de modifier les mécanismes physiologiques à la base de la fertilité tels que les hormones, l’immunocontraception devrait permettre un retour rapide à la fertilité, contrairement aux mois de retard subis par certaines femmes après avoir cessé d’utiliser des contraceptifs hormonaux à action prolongée », ont indiqué les chercheurs dans leur étude. Pour l’heure, des premiers tests réalisés sur des moutons démontreraient une efficacité supérieure à 99 %. Mais des essais cliniques à grande échelle doivent encore être réalisés sur l'Homme avant que ce nouveau contraceptif ne soit commercialisé.