Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : Déclenchement du Plan blanc dans tous les établissements de santé

PANDEMIE Les établissements de santé, publics et privés, vont devoir déprogrammer certaines opérations pour déployer des capacités de prises en charge supplémentaires, en vue d’un pic attendu notamment dans les services de réanimation

Mickaël Bosredon
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Illustration ambulances , secours au CHU Bordeaux
Illustration ambulances , secours au CHU Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le retentissement de la flambée épidémique du mois de juillet en Nouvelle-Aquitaine, va avoir lieu à partir de cette semaine dans les établissements de santé.
  • Les établissements de santé doivent déprogrammer certaines opérations.
  • Les hospitalisations dues au Covid-19 risquent de continuer d’augmenter tant que le taux d’incidence ne redescend pas de manière franche.

L’Agence régionale de Santé (ARS) et la préfecture de Nouvelle-Aquitaine ont annoncé ce mardi le déclenchement du Plan blanc « dans tous les établissements de santé » de la région. La situation sanitaire liée au Covid expose « le système hospitalier à des risques de saturation. » La Nouvelle-Aquitaine est la quatrième région de France métropolitaine à appliquer cette mesure après La Corse, Paca et l'Occitanie.


Pour ces établissements de santé, publics et privés, cela passe par « des déprogrammations pour déployer des capacités supplémentaires de prise en charge des patients Covid-19 et non Covid-19 en médecine et en réanimation, en mobilisant des ressources humaines supplémentaires (…) grâce à une solidarité forte inter-établissement et interdépartementale. »

Les déprogrammations feront l’objet « d’une décision collégiale de la communauté médicale et d’une réévaluation régulière du patient pour éviter toutes pertes de chance. » Ces déprogrammations seront effectuées « tout en garantissant que les patients pris en charge pour cancer, les personnes en attente de greffes, les patients suivis pour une maladie chronique ou en pédiatrie et requérant des soins urgents sont pris en charge dans les meilleures conditions possibles. »

Les indicateurs restent à un niveau élevé

Pourquoi déclencher ce plan blanc, alors que le taux d’incidence dans la région semble se stabiliser depuis plusieurs jours ? Tout simplement parce que, comme l’expliquait le directeur général de l’ARS à 20 Minutes il y a quelques jours, l’impact des taux d’incidence se mesure toujours deux à trois semaines plus tard dans les hôpitaux, et à la mi-juillet ils étaient au plus haut. Le pic dans les hôpitaux est ainsi attendu à partir de cette semaine.

Et il devrait durer tant que le taux d’incidence ne redescend pas franchement. Actuellement, « les indicateurs dans notre région restent toujours élevés, rappelle l’ARS : pour la période du 1er au 7 août, le taux d’incidence est de 198,9/100.000 habitants, bien au-dessus du seuil d’alerte de 50/100.000 habitants. Les départements les plus impactés restent ceux du littoral (Gironde : 284,8 ; Pyrénées-Atlantiques : 280,8 ; Landes : 220,4 ; Charente-Maritime : 213,9). »

Au 9 août, 595 patients sont hospitalisés pour Covid-19 dans la région, dont 122 en services de soins critiques (soit en une semaine + 107 patients hospitalisés et + 45 patients pris en charge en services de soins critiques).