Coronavirus : Sébastien Lecornu s'inquiète de la situation « extrêmement grave » aux Antilles

CRISE SANITAIRE Face à l'« urgence » de la situation sanitaire, le ministre des Outre-mer entend « durcir les mesures de freinage »

20 Minutes avec AFP
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Sébastien Lecornu à l'Elysée, le 23 juin 2021 (illustration).
Sébastien Lecornu à l'Elysée, le 23 juin 2021 (illustration). — PIERRE VILLARD/SIPA

« La situation est extrêmement grave ». Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, n’a pas mâché ses mots avant son départ, mardi 10 août, pour une « visite de crise » aux Antilles, d’abord en Guadeloupe puis en Martinique.

Les taux d’incidence du Covid-19, « jamais connus » en France depuis le début de l’épidémie de Covid-19, représentent selon lui un motif d’inquiétude particulier, justifiant un probable renforcement du confinement en Guadeloupe, comme celui annoncé en Martinique lundi 9 août.

« Il tombe sous le sens que nous allons devoir durcir les mesures de freinage tant il y a urgence », a affirmé Sébastien Lecornu. La décision devrait être prise mercredi 11 août, après avoir consulté les élus locaux et assisté à distance à un Conseil de défense sanitaire présidé par Emmanuel Macron en visioconférence.

En Martinique, 350 personnes hospitalisées en un mois

La Martinique est passée de 410 cas le 6 juillet à 4.171 la première semaine d’août, et 35 décès. En quatre semaines, 350 personnes ont été hospitalisées. « Il faut comprendre que nous accueillons au moins 15 patients chaque jour : c’est l’équivalent d’une unité d’hospitalisation de médecine », rappelle Jérôme Viguier, le directeur général de l’ARS.

En Guadeloupe voisine, déjà soumise à un nouveau confinement mais pour l’heure moins strict que celui de la Martinique, les chiffres explosent aussi : du 2 au 8 août, le taux d’incidence atteignait 1.769 pour 100.000 habitants, contre 876 la semaine précédente.

Le ministre des Outre-mer s’y rendra jeudi, où il sera rejoint par le ministre de la Santé Olivier Véran. Les commerces (sauf les commerces alimentaires et les pharmacies) y sont fermés, au même titre que les locations saisonnières et les hôtels (sauf pour l’accueil de professionnels et résidents), les lieux de culture et de loisir dont les plages, les autorités ayant en outre invité les touristes à quitter l’île.

Dans ce territoire peu vacciné (22 % de la population a reçu une première dose), où le variant Delta représente 40 % des contaminations, le taux d’incidence s’est envolé à 1.162 cas pour 100.000 habitants, selon l’Agence régionale de santé (ARS).