Pass sanitaire : 237.000 manifestants partout en France pour le quatrième samedi consécutif

MOBILISATIONS Les manifestations anti pass sanitaire ont mobilisé près de 237.000 personnes selon les autorités. Une foule très hétérogène de Français a manifesté samedi à travers la France contre l'extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants, pour le quatrième week-end consécutif

M.F avec AFP
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Pass sanitaire : Les opposants à son extension ont manifesté pour le quatrième week-end consécutif — 20 Minutes

C’est un nouveau week-end de manifestation qui bat son plein. Des rassemblements « pour la liberté » et « contre la dictature sanitaire » ont eu lieu ce samedi dans plus de 150 villes en France. En plein été, les cortèges n’ont cessé de gagner en importance depuis l’instauration, le 21 juillet, du pass (vaccination totale, test Covid-19 négatif ou certificat de rétablissement) dans certains lieux de loisirs et de culture. Aujourd'hui, partout dans le pays, près de 237.000 personnes ont manifesté contre l'instauration du pass sanitaire à partir du lundi 9 août 2021. 

Avec la validation définitive de l’extension de ce dernier par le Conseil constitutionnel jeudi, la mobilisation a été encore plus importante que samedi dernier. Déjà le 31 juillet, les manifestations à travers le pays avaient rassemblé plus de 204.000 personnes, contre 161.000 une semaine plus tôt, selon le ministère de l’Intérieur. 

Manifestation à risque à Paris

Ces manifestations ont lieu alors que 55 % des Français se disent disposés à présenter un pass sanitaire pour se rendre dans les cafés et restaurants et 63 % pour embarquer dans un train ou dans un avion, selon une enquête Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne publiée le 4 août. 20 % des sondés disent par ailleurs « soutenir » le mouvement de contestation, 17 % éprouver de la « sympathie » à son égard.

Les autorités font valoir que le nombre des hospitalisations en soins critiques continue d'augmenter et que les décès quotidiens liés au Covid-19 dans les hôpitaux repartent à la hausse. La situation se dégrade en particulier dans les Antilles, et notamment en Guadeloupe, confinée depuis mercredi.

"Macron, ton pass, on n'en veut pas", "Macron, ta gueule, on n'en veut plus" : des slogans hostiles au président ont notamment résonné dans un cortège parisien - de plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux "gilets jaunes" - très encadré par les gendarmes mobiles.

Des manifestations partout en France

Comme la semaine dernière, l'affluence était plus forte dans le Sud-Est, où au moins 47.000 personnes, selon la police, ont défilé. Ils étaient 19.000 à Toulon, près de 10.000 à Nice, 8.000 à Montpellier, au moins 6.000 à Marseille, selon les premiers chiffres de la police et des préfectures.

En région Bretagne, les autorités ont comptabilisé 14.745 manifestants, soit 3.000 de plus que samedi dernier.

Les rassemblements étaient prévus dans plus de 150 villes au lendemain d'un nouvel appel pressant lancé par Emmanuel Macron aux Français - "Faites-vous vacciner" - alors que près de 66% de la population a reçu au moins une dose de vaccin.

Environ 3.500 personnes selon les forces de l'ordre, 5.000 selon les organisateurs, ont manifesté sur l'île de La Réunion, sous confinement partiel et couvre-feu strict depuis le 31 juillet.

Les autorités ont recensé 3.000 manifestants à Chambéry et à Mulhouse, 3.100 à Strasbourg, 3.300 à Bordeaux comme à Rennes, 3.500 à Colmar, 3.800 à Metz, 3.900 à Clermont-Ferrand, 5.000 à Toulouse ou 5.300 à Nantes.

A Bordeaux, Gaëlle Faure, 23 ans, infirmière au CHU et non vaccinée, protestait surtout contre l'obligation vaccinale des soignants: "Il y a quelques mois à l'hôpital, on me disait que je pouvais venir travailler si j'étais positive et aujourd'hui on m'explique que si je ne suis pas vaccinée, je suis un danger pour les patients, je trouve ça scandaleux!".

Plus d'une centaine de personnes, dont de nombreux commerçants, ont manifesté à Cambrai, dans le Nord. Des commerces y étaient fermés pour protester contre le contrôle du pass qui "va être long, compliqué et pourrait créer des tensions", de l'avis de Morgan Sedrue, 36 ans, gérant d'un bar, qui redoute de voir sa clientèle "divisée par deux".

La fin de parcours a donné lieu à des échauffourées avec les forces de l'ordre à Lyon - où la police a procédé à sept interpellations pour jets de projectiles - ainsi qu'à Dijon quand des manifestants ont bloqué une voie de tramway.