Pass sanitaire : Son obligation pour accéder à l’hôpital s’apparente à « un refus de soins », pour Karine Lacombe

EPIDEMIE La cheffe de service hospitalier des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris souhaite que l’accès dans les CHU soit « égal pour tous », vaccinés ou non

M.F avec AFP
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L'Hopital Pasteur de Nice. (Illustration)
L'Hopital Pasteur de Nice. (Illustration) — SYSPEO/SIPA

L’extension du pass sanitaire dans les hôpitaux est loin de faire l’unanimité. Le Conseil constitutionnel doit décider ce jeudi si oui ou non les personnes se rendant à l’hôpital pour y recevoir des soins (hors urgence) ou accompagner un patient doivent être munies d’un pass sanitaire valide, comme le prévoit actuellement la nouvelle loi. Pour la Pr Karine Lacombe, cheffe de service hospitalier des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, cette obligation « s’apparenterait à un refus de soins ».

« Nous, soignants, sommes évidemment opposés que l’accès aux soins soit conditionné au pass sanitaire, que l’accès aux soins se fasse en urgence ou pas », a-t-elle déclaré jeudi sur France Inter, convaincue que « ça ne peut pas être accepté par le Conseil constitutionnel ». « On ne peut pas demander le pass sanitaire aux malades qui se soignent pour maladie chronique », a-t-elle cité en exemple.

La difficile application d’une obligation vaccinale

Interrogée sur l’opportunité de rendre la vaccination obligatoire pour tous, la Pr Lacombe a jugé que celle-ci « doit se discuter si jamais, malgré le pass sanitaire, on n’arrive pas à contenir l’épidémie ». « C’est vrai que passer par une obligation vaccinale pourrait permettre de résoudre le problème », néanmoins, « le problème d’une obligation vaccinale, c’est son application. Comment contrôler l’obligation vaccinale ? », a-t-elle interrogé.

Elle a observé que les vaccins obligatoires en France « sont des vaccins administrés pendant l’enfance, on a un moyen facile de contrôler car ils permettent d’aller à l’école ». « Quand on est adulte, c’est beaucoup plus difficile de contrôler une obligation vaccinale généralisée », a-t-elle remarqué.

La deuxième extension du pass sanitaire attendue dans quelques jours

Les premières mesures rendant nécessaires le « pass sanitaire » (vaccination totale, test Covid-19 négatif ou certificat de rétablissement) pour accéder aux lieux accueillant au moins 50 personnes (musées, salles de spectacles, établissements sportifs, parcs d’attractions, etc.), sont entrées en vigueur le 21 juillet.

Ces mesures doivent s’étendre aux cafés-restaurants, foires et salons, avions, trains et cars longs trajets, ainsi qu’aux établissements médicaux dès lundi, après la décision du Conseil constitutionnel attendue jeudi.