Coronavirus : Le pass sanitaire « ne doit pas limiter l’accès aux soins », selon des professionnels de santé

COVID-19 Le projet de loi anti-Covid prévoit l’obligation du pass sanitaire pour les patients non urgents ou les visiteurs dans les établissements de santé et maisons de retraite. Les professionnels de santé s’en inquiètent

20 Minutes avec AFP
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Caducée d'un médecin à Paris
Caducée d'un médecin à Paris — F. Durand

« Garantir l’accès des soins pour tous »… Ce lundi, dans un communiqué, l’Ordre des médecins rappelle la mission de service public assumée par tous les soignants. Une mission mise à mal par la mise en œuvre du pass sanitaire dans les établissements de santé ? C’est la crainte de l’Ordre, qui insiste sur le fait que ce pass sanitaire « ne doit pas priver des patients de soins ».

Le projet de loi anti-Covid, qui a été adopté définitivement le 25 juillet par le Parlement, prévoit l’obligation du pass sanitaire pour les patients non urgents ou les visiteurs dans les établissements de santé et maisons de retraite.

Des inquiétudes avant l’extension du pass le 9 août

Déjà appliquée dans les lieux culturels et de loisirs depuis le 21 juillet, l'extension du pass sanitaire est prévue le 9 août. Entre-temps, le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision sur la loi jeudi.

La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) alerte également lundi « sur l’importance de maintenir la présence des proches auprès des patients en fin de vie ». « Comment accepter que des personnes ayant besoin de soins et qui s’adressent à l’hôpital puissent être refoulées parce qu’elles n’ont pas de pass sanitaire ? », s’interrogeaient des professionnels du monde de la psychiatrie dans une lettre ouverte adressée vendredi à Jean Castex.

« Plutôt qu’éloigner des patients des services de soins, il serait plus adapté, et fortement nécessaire, de favoriser les accompagnements vers les lieux de vaccination pour les patients les plus démunis sur le plan psychologique », ajoutent les signataires, parmi lesquels figurent notamment l’Union syndicale de la psychiatrie, le syndicat des psychiatres des hôpitaux ou encore la Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie.

« Des obstacles supplémentaires à la prise en charge des patients »

Le Syndicat National des Médecins Hospitaliers (SNMH FO) avait invité jeudi à refuser « ces obstacles supplémentaires à la prise en charge des patients ! ». Et avant même le vote de la loi, le Collège des gynécologues avait demandé que « la prise en charge des grossesses puisse se poursuivre dans les conditions habituellement requises ».

Au même moment, les directeurs d’Ehpad de l’AD-PA appelaient « à considérer les établissements pour personnes âgées comme des lieux de résidence et ainsi garantir aux personnes âgées qui y résident la possibilité de maintenir les liens familiaux, sociaux, relationnels… qui sont les leurs dans les mêmes conditions que pour tout Français ».