Marseille : Nouvelles investigations sur d’éventuels « manquements à la réglementation des essais cliniques » sur l’hydroxychloroquine

ENQUÊTE De nouveaux éléments sont apparus depuis le classement sans suite en novembre dernier d’une enquête sur les études cliniques de l’hydroxychloroquine

20 Minutes avec AFP
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Une queue d'attente pour se faire dépister à l'IHU de Marseille
Une queue d'attente pour se faire dépister à l'IHU de Marseille — FREDERIC MUNSCH/SIPA
  • L’autorité sanitaire mène actuellement des investigations sur les conditions d’essais cliniques de l’hydroxychloroquine réalisés en début de pandémie.
  • Un premier signalement de ces faits a été classé sans suite en novembre 2020 par le parquet de Marseille mais de nouveaux éléments sont apparus depuis, tel qu’un correctif à la première étude, publié en janvier.
  • Pour relancer l’enquête, il faudrait soit que le parquet se saisisse d’office soit que l’ANSM effectue un nouveau signalement.

L’IHU de Marseille est de nouveau la cible d’investigations. Après la perquisition de l’institut du professeur Raoult dans le cadre de l’enquête sur ses liens financiers avec l’Institut de recherche et développement, c’est l’Agence du médicament (ANSM) qui enquête.

« L’ANSM a récemment été alertée, dans le cadre de son dispositif pour les lanceurs d’alerte, sur de possibles manquements de l’IHU de Marseille à la réglementation des essais cliniques sur certaines études que l’Institut a conduit », a expliqué à l’AFP le gendarme des médicaments.

L’autorité sanitaire « mène actuellement les investigations et vérifications nécessaires » et « si les investigations mettent en évidence des manquements à la réglementation des essais cliniques » elle « prendra des mesures sanitaires pour garantir la sécurité des participants et, le cas échéant, saisira de nouveau la justice », a-t-elle assuré.

Une enquête classée sans suite relancée ?

Au début de la pandémie de Covid, plusieurs scientifiques familiers des articles médicaux s’étaient alarmés des conditions de réalisation de deux études signées par Didier Raoult, directeur de l’IHU portant sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19.

Un signalement de ces faits par « un professionnel de santé » a été classé sans suite en novembre 2020 par le parquet de Marseille qui a considéré les infractions dénoncées comme « insuffisamment caractérisées », selon son communiqué.

Or, de nouveaux éléments sont apparus depuis, tel qu’un correctif à la première étude, publié en janvier dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents. Mais pour relancer l’enquête, il faudrait soit que le parquet se saisisse d’office soit que l’ANSM effectue un nouveau signalement qui souligne que l’IHU « n’a pas donné suite » à ses questions.