Le pass sanitaire est-il nécessaire à l’hôpital en cas d’urgence ? C’est faux

FAKE OFF En cours d’examen à l’Assemblée nationale, le projet de loi étendant le pass sanitaire dispense de ce sésame pour l’accès aux hôpitaux et établissements de santé « en cas d’urgence »

Emilie Jehanno

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Une intervention pour un infarctus dans les Alpes-Maritimes en juin 2021 (illustration)
Une intervention pour un infarctus dans les Alpes-Maritimes en juin 2021 (illustration) — SYSPEO/SIPA
  • Sur Facebook et Twitter, un mème viral suggère qu’une prise en charge médicale en urgence sera conditionnée à la possession d’un pass sanitaire.
  • Le projet de loi instaurant de nouvelles mesures pour lutter contre le Covid-19 prévoit, au contraire, une exception concernant l’accès aux établissements de santé « en cas d’urgence ».
  • Pour accéder à des soins programmés ou rendre visite à des proches hospitalisés, le projet de loi précise en revanche qu’un pass sanitaire sera nécessaire. Olivier Véran défend l’idée de faire de l’hôpital « un sanctuaire anti-Covid ».

En cas de problème de santé, se verra-t-on refuser l’accès aux urgences si l’on n’a pas de pass sanitaire ? Quelques jours après l’allocution d'Emmanuel Macron, qui a annoncé que ce sésame serait rendu obligatoire pour pénétrer dans les établissements de santé à compter du début du mois d’août, c’est ce que suggère, sur un ton humoristique, un mème devenu viral sur les réseaux sociaux. La photo d’une femme allongée sur une civière, entourée de deux ambulanciers, est accompagnée de la phrase : « Ah dommage vous n’avez pas votre pass sanitaire, on va devoir vous laisser ici. »

Capture d'écran d'un mème sur le pass sanitaire
Capture d'écran d'un mème sur le pass sanitaire - Capture d'écran

Entre incrédulité, rires et « ça va finir comme ça », les commentaires divergent sous la publication, vue plus de 630.000 fois sur une page Facebook.

FAKE OFF

Les modalités de l’extention du pass sanitaire pour lutter contre la propagation du Covid-19 ne sont pas encore toutes détaillées. Toutefois, le projet de loi qui doit l’étendre, largement critiqué à droite et à gauche, est actuellement en débat à l’Assemblée nationale. Début août, ce pass devrait être requis notamment pour entrer dans les hôpitaux, maisons de retraite et autres établissements médico-sociaux.

Dans le projet de loi, l’alinéa 11 de l'article premier autorise une exception : le pass sanitaire sera bien demandé à l’entrée des services et établissements de soin « sauf en cas d’urgence ». « Evidemment, on ne va pas demander de pass sanitaire pour accéder aux urgences », confirme la direction générale de la santé à 20 Minutes.

« Un sanctuaire anti-Covid »

Cet alinéa 11 précise aussi que l’accès à des soins programmés ou la visite de proches hospitalisés sera soumis au pass sanitaire. En commission des Lois, mardi, Olivier Véran, ministre de la Santé, a précisé l’objectif du gouvernement : « On veut faire, avec cette loi, de l’hôpital, des Ehpad, un sanctuaire anti-Covid. Donc, par définition, on veut faire en sorte que les gens qui y rentrent puissent attester du fait qu’ils ne risquent pas d’y amener le virus. »

Par ailleurs, des tests RT-PCR peuvent déjà être réalisés lors de l’admission dans les hôpitaux. En mai 2020, la Haute Autorité de santé (HAS) avait émis un avis, dont les recommandations sont toujours en vigueur, pour tenter d’unifier les usages face « à une variabilité des pratiques locales ». Elle a estimé que « le développement du dépistage systématisé [était] souhaitable autant que possible ». La HAS préconise de tester « au minimum » les patients à risque de forme grave, ceux devant subir certaines chirurgies et « au mieux » que les patients puissent se voir proposer un dépistage par RT-PCR avant toute hospitalisation programmée.