Coronavirus en Occitanie : Reprise importante de l'épidémie dans trois départements, le seuil d'alerte dépassé

EPIDEMIE Depuis lundi, la région Occitanie a dépassé le seuil d'alerte. Avec une recrudescence importante et rapide des cas de Covid-19, notammnent dans l'Hérault, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales

Béatrice Colin
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Au sein du centre de vaccination du Hall 8 de l'ancien parc des expositions de Toulouse, sur l'île du Ramier.
Au sein du centre de vaccination du Hall 8 de l'ancien parc des expositions de Toulouse, sur l'île du Ramier. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • L’Occitanie est l’une des premières régions à dépasser à nouveau le seuil d’alerte alors qu’une quatrième vague épidémique s’amorce, même si cela ne se ressent pas encore sur les hospitalisations.
  • La Haute-Garonne, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales sont les trois départements les plus touchés.
  • Depuis les annonces d’Emmanuel Macron, 70.000 nouveaux rendez-vous dans les centres de vaccination ont été pris en Occitanie.

Après des semaines de baisse, le nombre de cas positifs au coronavirus connaît une recrudescence en Occitanie qui a dépassé lundi le seuil d’alerte avec 51 cas pour 100.000 habitants. Ce mardi, au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, l’agence régionale de Santé a dressé un point de la situation sur « ce rebond épidémique qui touche les personnes les plus jeunes ».

Une rapidité sans précédent, notamment dans les Pyrénées-Orientales avec un taux de près de 130 cas pour 100.000 habitants. En une semaine, le taux de positivité des tests Covid-19 a été multiplié par quatre dans ce département, et le taux d’incidence par cinq. Avec 63 cas pour 100.000 habitants, la Haute-Garonne est aussi touchée tout comme l’Hérault avec 58,9 cas.

Proximité avec l’Espagne

« Nous sommes sur une situation qui évolue très vite. L’été dernier nous avons été confrontés au même phénomène et à partir d’un certain moment, lorsque l’épidémie s’est diffusée dans les strates les plus jeunes, il ne peut pas ne pas atteindre les classes les plus âgées ou les plus fragiles », prévient Pierre Ricordeau, le directeur général de l’ARS qui précise que la moitié des cas sont désormais des variants Delta.

La densité de population de ces départements, mais aussi les flux touristiques ou encore la proximité de la Catalogne qui enregistre une flambée de cas chez les moins de 30 ans pourraient expliquer cette reprise plus rapide sur ces territoires.

Pour l’heure, il n’y a pas encore d’impact flagrant sur les services d’urgence, mais des signes d’alerte sont d’ores et déjà perceptibles sur le recours à SOS médecins ou encore au niveau du passage aux urgences. Entre les entrées et les sorties, le CHU de Toulouse avait ce mardi 33 patients Covid-19, dont cinq en réanimation et cinq en soins intensifs ou critiques. « Hier nous avons enregistré dix admissions nouvelles de cas, tous étaient des personnes non vaccinées », souligne de son côté le professeur Vincent Bounes, patron du Samu 31.

Pour les responsables sanitaires, la porte de sortie pour enrayer le phénomène reste la vaccination, doublée des gestes barrières. Si elle est bien lancée en Occitanie puisque deux adultes sur trois ont déjà reçu leur première injection et un sur deux est complètement vacciné, cela reste insuffisant.

Il y a ainsi des trous dans la raquette, même chez les plus de 65 ans puisque près de 100.000 d’entre eux n’ont toujours pas reçu leur première dose, ainsi qu’une partie des personnes fragilisées ou atteintes de comorbidités.

70.000 demandes de rdv cette nuit

Une tendance qui pourrait changer après les mesures édictées hier concernant le pass sanitaire. En Occitanie, entre lundi soir et mardi matin, 70.000 nouveaux rendez-vous ont été enregistrés, soit cinq fois plus que lundi dernier.

Au vaccinodrome de Toulouse, 180.000 rendez-vous ont été ouverts pour faire face à la demande. « Nous vaccinions jusqu’à présent 4.000 à 4.500 personnes par jour au Hall 7, dont une grande partie de seconde dose et seulement 200 à 500 primo-vaccinations. En août, nous pensions ouvrir uniquement du jeudi au samedi, mais ce sera finalement tous les jours. Nous passons aujourd’hui à 6.000 personnes et nous pouvons augmenter cette capacité jusqu’à 10.000 si nécessaire », explique Vincent Bounes, qui coordonne le centre de vaccination XXL de Toulouse. Pour ce dernier, si les mesures annoncées lundi sont bonnes, « elles arrivent un peu tard ».