Nantes : Au CHU, une chambre pour ne plus séparer les parents de leur bébé prématuré

INITIATIVE Au 4e étage de la maternité du CHU de Nantes, une nouvelle chambre de réanimation a ouvert ses portes il y a quelques mois

Julie Urbach
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Chaque année en France, 60.000 bébés prématurés viennent au monde.
Chaque année en France, 60.000 bébés prématurés viennent au monde. — SIPANY/SIPA
  • L’association Berse a imaginé et financé une chambre à destination des parents accueillant un bébé prématuré.
  • L’objectif est de donner la possibilité au bébé en couveuse et à ses deux parents de vivre réunis pendant toute la période de soins.
  • Au-delà d’un meilleur confort, cet aménagement permettrait d’aider au développement du nouveau-né, grâce à un renforcement du lien avec ses parents.

Chaque année, quelque 60.000 bébés naissent prématurément dans les maternités françaises. Si leur prise en charge strictement médicale continue de progresser, certains hôpitaux commencent aussi à s’intéresser à l'environnement souvent stressant dans lequel ces tout-petits vont vivre leurs premières semaines (voire premiers mois) avant de pouvoir rentrer chez eux. Au service néonatologie du CHU de Nantes, où 250 grands prématurés (nés entre 6 et 7 mois de grossesse) sont hospitalisés chaque année, une chambre de réanimation un peu spéciale a ouvert il y a quelques mois. Objectif : donner la possibilité au bébé en couveuse et à ses deux parents de vivre réunis pendant toute la période de soins.

« Il fut un temps où l’enfant était complètement coupé de sa mère, parfois pendant plusieurs semaines, rappelle Philippe El Sair, directeur du CHU de Nantes. La littérature scientifique a depuis montré que le maintien du lien était très important. » Si la situation s’est améliorée ces dernières années (autorisation des visites, 24h/24 dans la plupart des services), il y avait encore des progrès à faire selon l'association Berse, à l’initiative de cette nouvelle chambre que le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, Adrien Taquet, est venu visiter ce lundi.

Vue 3D de la chambre de réanimation
Vue 3D de la chambre de réanimation - association Berse

Une vraie chambre autour de la couveuse

« On voulait une chambre qui offre un vrai cadre de vie rassurant pour l’enfant, où les soignants acceptent de se mettre un peu en retrait, où les parents ne sont plus des invités », explique Patricia Saraux, vice-présidente de l’association Berse. Autour de la couveuse, tout est fait pour le confort de la famille : isolé grâce à un rideau, un canapé-lit permet par exemple aux deux parents de rester sur place, sans avoir à se relayer. Ils disposent aussi de rangements, d’un frigo (notamment pour stocker le lait maternel) ou d’une cuisine attenante.

Si ces aménagements semblent anodins, ils auraient pourtant un réel impact sur la santé du bébé. Le programme américain Nidcap, dont est inspiré ce projet de chambre, a prouvé qu’une présence renforcée des parents permet à l’enfant prématuré une meilleure prise de poids, un meilleur développement à 12 mois ou encore une réduction de la durée d’hospitalisation. « On oublie la technicité des soins pour renforcer le lien d’attachement, poursuit Patricia Saraux. On fait primer le côté naturel, par exemple en permettant au bébé de réguler son rythme cardiaque juste en le posant sur sa maman. »

L’association espère aménager une ou deux nouvelles chambres de ce type par an (coût de la première : 11.000 euros, financé grâce aux dons et aux partenaires) au sein de la maternité, avant que le concept ne puisse être repris dans la construction du nouveau CHU, en 2026 sur l’île de Nantes. Elle souhaite également former de nouveaux soignants nantais aux fameuses techniques du Nidcap, pour un suivi plus personnalisé des bébés.