Coronavirus : Le risque de décès augmente chez les patients atteints de cancer et touchés par le Covid-19

EPIDEMIE Il s’agit des conclusions d’une étude observationnelle pilotée par le centre Léon-Bérard de Lyon entre mars et mai 2020

Caroline Girardon
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Une étude menée par le centre Léon Bérard de Lyon a permis de mettre en évidence un risque de mortalité augmenté chez les patients atteints d'un cancer et positif au coronavirus.
Une étude menée par le centre Léon Bérard de Lyon a permis de mettre en évidence un risque de mortalité augmenté chez les patients atteints d'un cancer et positif au coronavirus. — Lydie/sipa

Quel est l’impact du coronavirus sur l’état de santé de patients déjà atteints d’un cancer et en phase de traitement ? L’étude observationnelle, menée par le centre Léon-Bérard (CLB) de Lyon entre le 1er mars et le 21 mai 2020, a permis d’apporter quelques réponses et de mettre en évidence un risque augmenté et plus précoce de décès.

Selon les résultats publiés dans le British Journal of Cancer et dévoilés ce lundi, 27,8 % des patients testés positifs au Covid-19 sont morts dans les 28 jours suivant le diagnostic, contre 16,3 % des malades testés négatifs. « 97 % ont dû être hospitalisés dans le cadre de cette maladie », ajoutent les équipes du CLB.

« Urgent de maintenir les traitements contre le cancer »

Cette étude ONCOVID-19, réalisée auprès de 1.162 patients de toute la France, a également révélé que les hommes avaient été davantage fragilisés que les femmes et que le déficit immunitaire, observé chez certains, avait accentué le risque de mortalité.

« Cette étude a donc mis en exergue le fait que les patients atteints de cancer et présentant des symptômes de la maladie Covid-19, qu’ils soient positifs ou non au test doivent être surveillés attentivement », commente le professeur Jean-Yves Blay, directeur du centre Léon-Bérard. « Il était urgent de comprendre les effets de ce nouveau virus sur les patients atteints de cancer afin de les protéger et pouvoir notamment maintenir les traitements contre le cancer », abonde le Souad Assaad, onco-hématologue, ayant réalisé les analyses de l’étude.

Lors de la première vague de coronavirus, plusieurs opérations, parfois lourdes, concernant des patients atteints de cancer, avaient été déprogrammées faute de places suffisantes dans les services de réanimations, saturés par les patients positifs au Covid-19. Ce qui avait suscité l’inquiétude des spécialistes.