Coronavirus : Quels sont les indicateurs à suivre face au risque d’une quatrième vague ?

EPIDEMIE Si la situation épidémique reste sous contrôle, depuis plusieurs jours plusieurs indicateurs épidémiques ne baissent plus, voire même remontent pour certains

Manon Aublanc
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Dans un hôpital à Pau, une salle dédiée au dépistage du coronavirus, le 10 mars 2020.
Dans un hôpital à Pau, une salle dédiée au dépistage du coronavirus, le 10 mars 2020. — Quentin Top/SIPA
  • Avec la progression du variant Delta en France, les contaminations augmentent de nouveau de plusieurs jours, repassant au-dessus de la barre des 3.000 cas journaliers.
  • A Paris, le taux d’incidence est repassé au-dessus du seuil d’alerte, ce mardi, avec 54 cas pour 100.000 habitants. Au niveau national, même s’il reste bien en dessous du niveau d’alerte, le taux d’incidence est lui aussi en hausse.
  • Face à ces indicateurs, les autorités sanitaires ont alerté, ces derniers jours, sur l’arrivée d’une possible quatrième vague fin juillet, appelant les Français à se faire vacciner.

Va-t-on voir arriver une quatrième vague de l’épidémie de coronavirus dès la fin du mois de juillet, comme l’affirme le ministre de la Santé, Olivier Véran ? Si rien n’est encore sûr, les autorités sanitaires scrutent les indicateurs épidémiques à la loupe.

Ces derniers jours, plusieurs signaux alertent : le taux d’incidence à Paris est repassé au-dessus du seuil d’alerte, les contaminations remontent et le variant Delta est en augmentation. 20 Minutes fait le point sur les indicateurs à surveiller.

Le taux d’incidence en hausse

Le premier indicateur scruté de près par les autorités, c’est le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas de contamination pour 100.000 habitants. Alors qu’il avait nettement diminué depuis mi-juin, le taux d’incidence semble remonter un peu partout sur le territoire, et tout particulièrement à Paris, seul département à repasser au-dessus du seuil d’alerte (50).

Le taux d’incidence dans la capitale est désormais de 54 cas pour 100.000 habitants, selon les données de Santé Publique France. « Ces chiffres doivent nous alerter. On constate bien que le taux d’incidence remonte localement dans les départements qui ont de l’avance vis-à-vis de la diffusion du variant Delta », met en garde Pascal Crépey, épidémiologiste à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

Si le taux d’incidence national reste bien en dessous du seuil d’alerte, avec 24,1 cas pour 100.000 habitants la semaine du 27 juin au 3 juillet, il était de 18,7 la semaine précédente, selon les dernières données. « Depuis quelques jours, le taux d’incidence au niveau national semble ne plus diminuer », avait prévenu le porte-parole Gabriel Attal à la sortie du Conseil des ministres, mercredi dernier. A l’inverse, dans les Landes, où les mesures de restriction ont été prolongées jusqu’au 6 juillet, le taux d’incidence a baissé, passant de 57,3, la semaine du 24 juin au 30 juin, à 49,8 la semaine du 27 juin au 3 juillet, en dessous du seuil d’alerte.

Les chiffres des contaminations en augmentation

Le nombre de patients en réanimation continue de baisser, mais les contaminations, le second critère surveillé par le ministère de la Santé, repartent à la hausse, selon les chiffres du jour de Santé publique France (SpF) publiés lundi. Les autorités sanitaires ont enregistré 3.585 nouveaux cas en 24 heures, le chiffre quotidien le plus élevé depuis le 12 juin. A titre de comparaison, la semaine du 21 au 27 juin, environ 1.800 cas de contamination, en moyenne, étaient comptabilisés chaque jour.

Côté hospitalisation, l’agence sanitaire dénombre 1.032 de ces cas graves à l’hôpital, contre 1.077 la veille et plus de 2.500 un mois plus tôt. Au total, 7.637 personnes sont hospitalisées pour cause de Covid-19, un nombre qui baisse depuis deux mois. En 24 heures, 149 malades du Covid sont entrés à l’hôpital et 30 ont été admis en soins critiques.

Si les chiffres sont en baisse, Pascal Crépey appelle néanmoins à la vigilance : « Quand le taux d’incidence remonte, on peut s’attendre à une hausse des hospitalisations quelques semaines plus tard, c’est un indicateur plus tardif, mais son signal est plus fort. » Mais pour l’épidémiologiste, la situation sanitaire « dépendra du comportement des Français, de l’avancée de la vaccination et de l’efficacité des mesures de traçage », explique l’épidémiologiste, qui ajoute : « On peut être optimistes et espérer garder un niveau d’incidence stable cet été. Mais malheureusement, on voit bien chez nos voisins où le taux d’incidence remonte que les hospitalisations ont suivi. »

Le variant Delta de plus en plus présent

Parmi les contaminations, les autorités gardent plus particulièrement un œil sur les variants, et notamment le variant Delta. Appelé également mutation L452R, ce variant plus contagieux et plus virulent inquiète les autorités depuis plusieurs semaines. Fin juin, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait indiqué que ce variant ne représentait que 20 % des cas de contamination. Selon les dernières données de Santé Publique France​, la mutation L452R était présente dans 41,9 % des tests réalisés la semaine du 27 juin au 3 juillet.

Et c’est bien l’un des indicateurs qui inquiète le plus les autorités sanitaires. « Le virus ne baisse plus, il réaugmente, à cause du variant Delta qui est très contagieux. L’exemple anglais montre qu’une vague est possible dès la fin juillet. Nous pouvons la limiter et en limiter l’impact sanitaire : gestes barrières, vaccin, tester/alerter/protéger », a déclaré Olivier Véran, ce dimanche, dans un message posté sur son compte Twitter. « Le variant Delta se transmet 60 % plus facilement. Ça veut dire qu’il va être plus difficile à contrôler. Ce qui nous permettait de garder l’épidémie sous contrôle jusqu’à maintenant pourrait ne pas suffire », alerte Pascal Crépey, qui appelle à se vacciner le plus vite possible.