Coronavirus au Royaume-Uni : Le gouvernement lève les dernières restrictions et appelle à « vivre » avec le virus

EPIDEMIE Boris Johnson a annoncé que le port du masque ne sera plus obligatoire dans les lieux publics clos en Angleterre à partir du 19 juillet

M.F avec AFP
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Boris Johnson doit détailler lundi 5 juillet la levée des dernières restrictions sanitaires au Royaume-Uni.
Boris Johnson doit détailler lundi 5 juillet la levée des dernières restrictions sanitaires au Royaume-Uni. — David Cliff/Shutterstock/SIPA

Edit : Cet article a été mis à jour lundi 5 juillet dans la soirée avec les annonces de Boris Johnson.

Malgré une poussée du variant Delta dans tout le pays, le Royaume-Uni acte sa dernière phase de levée des restrictions. « Aujourd’hui nous allons présenter la manière dont nous allons restaurer les libertés », avait déclaré Boris Johnson plus tôt dans la journée lundi. Il a toutefois appelé à la prudence, soulignant que la pandémie n’était « pas terminée » et que la population allait devoir « apprendre à vivre avec le virus » comme « avec la grippe » et faire preuve de « discernement ».

Lors d’une conférence de presse en fin d’après-midi, le chef du gouvernement conservateur a confirmé l’abandon du masque en intérieur. Ainsi, le masque ne sera plus obligatoire dans les lieux publics clos en Angleterre à partir du 19 juillet : « Nous mettrons fin (…) à l’obligation légale de porter un masque », a annoncé le dirigeant, annonçant aussi la fin de l’obligation de la distanciation sociale. Le gouvernement doit confirmer ce choix le 12 juillet.

Pleine capacité pour les salles et stades

Boris Johnson a toutefois appelé à « rester prudent », indiquant que lui-même porterait un masque dans les lieux très fréquentés.

Esquissant un retour à une forme de normalité, Boris Johnson a annoncé que le télétravail ne sera plus recommandé, que les salles de spectacles et les stades pourront ouvrir à pleine capacité et que les discothèques seront autorisées à accueillir du public. Il n’y aura plus non plus de limites au nombre de participants à un mariage ou à un enterrement ou d’invités chez soi.

Des mesures controversées en pleine envolée des contaminations attribuées au variant Delta. Selon Downing Street, les dernières données indiquent que les contaminations vont continuer à augmenter à mesure que les restrictions sont levées, « mais le lien avec les hospitalisations et les décès est affaibli » grâce à la vaccination.

Lancée début décembre, la campagne a permis d’administrer deux doses à près de 64 % de la population adulte, et une dose à 86 %.

Une approche basée sur le « bon sens »

Depuis plusieurs jours, il laissait entrevoir qu’il entendait faire largement appel au jugement des Britanniques. « Je ne suis pas fan d’en porter un si je ne dois pas », a déclaré à propos du masque la secrétaire d’Etat chargée de la Protection sociale, Helen Whately, sur Times Radio lundi. Elle a souligné que l’exécutif privilégierait une approche basée sur « la responsabilité individuelle » et le « bon sens ». Cette stratégie est vertement critiquée par certains universitaires qui conseillent l’exécutif.

Ainsi, Stephen Reicher, professeur de psychologie sociale à l’université de Saint Andrews, a jugé « effrayant d’avoir un ministre de la "Santé" qui veut faire de toutes les protections une question de choix personnel quand le message clé de la pandémie n’est pas une question de "je" mais de "nous". Votre comportement affecte ma santé ». Pour la Pr Susan Michie, spécialiste du comportement à l’University College de Londres, le choix de laisser filer les contaminations revient à « construire de nouvelles "usines à variant" à un rythme très élevé ».

Levée des quarantaines

Durant le week-end, la British Medical Association a appelé le gouvernement à maintenir certaines restrictions en place en raison de l’augmentation « alarmante » du nombre de cas. Le syndicat Unite, qui représente des dizaines de milliers de travailleurs dans les transports publics, a demandé lundi que le port du masque y reste obligatoire.

Rassurant les Anglais désireux de partir en vacances, Boris Johnson a confirmé vouloir mettre fin à la quarantaine obligatoire pour les voyageurs totalement vaccinés revenant d’un pays classé « orange », dont de grandes destinations touristiques européennes comme la France, l’Italie et l’Espagne. Une annonce du ministre des Transports est attendue cette semaine.

Au Royaume-Uni, chaque province décide de son propre calendrier face à la crise sanitaire. L’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande ont opté pour une levée plus lente des restrictions.