Tous les Français sont contaminés aux métaux lourds, selon une étude

ALIMENTATION Santé publique France montre que les niveaux mesurés sont plus élevés que ceux relevés dans les autres pays européens et en Amérique du Nord

M.F
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Selon l'étude de Santé publique France, la consommation de poissons et de produits de la mer influence les concentrations en arsenic, chrome, cadmium et mercure dans l'organisme.
Selon l'étude de Santé publique France, la consommation de poissons et de produits de la mer influence les concentrations en arsenic, chrome, cadmium et mercure dans l'organisme. — Alex Segre / Rex Featur/REX/SIPA

Arsenic, cadmium, chrome, cuivre, nickel, mercure… A travers son étude ESTEBAN, Santé publique France a analysé la présence de 27 métaux lourds dans l’organisme de Français adultes, et pour la première fois à l’échelle nationale chez les enfants. « Cette nouvelle photographie des imprégnations souligne que l’ensemble de la population est concerné » avec « plus de 97 % à 100 % de détection » chez les participants adultes et enfants, indique le rapport publié jeudi 1er juillet.

L’étude montre que les niveaux mesurés que cela soit pour l’enfant ou l’adulte en France étaient « plus élevés que ceux retrouvés dans la plupart des pays étrangers » en Europe et en Amérique du Nord sauf pour le nickel et le cuivre. Chez les adultes, les niveaux mesurés en mercure et nickel urinaire étaient les mêmes par rapport à ceux mesurés dans l’étude ENNS (Etude Nationale Nutrition Santé) en 2006-2007, qui relevait cependant à l’époque des niveaux moins élevés en arsenic, cadmium et chrome.

Le tabac et le poisson parmi les principaux facteurs

Naturellement présents dans l’environnement, les métaux peuvent être à l’origine de l’apparition de maladies chroniques, de déficience immunitaire ou encore de cancers. Identifier des sources d’expositions et les niveaux d’imprégnation de la population permet de prévenir l’apparition de telles pathologies, précise l’étude.

L’alimentation reste l’une des principales sources d’exposition et l’étude Esteban montre que la consommation de poissons et de produits de la mer influence les concentrations en arsenic, chrome, cadmium et mercure. Santé publique France recommande de diversifier les sources d’aliments et de consommer « deux fois par semaine du poisson dont un poisson gras en variant les espèces et les lieux de pêche ».

La consommation de céréales augmente également la concentration en cadmium. La consommation de céréales et de légumes issus de l’agriculture biologique influence de son côté la concentration en cuivre. Enfin, la consommation de tabac, même passif, augmente les concentrations en cadmium et cuivre. « Chez les adultes, le tabac entraînerait une augmentation de plus de 50 % d’imprégnation chez les fumeurs », indique le rapport. Par ailleurs, les implants médicaux ont un impact sur la présence de chrome et les plombages, sur celle en mercure urinaire.

Les travaux ont été menés sur un échantillon représentatif de la population générale composée de 1 104 enfants et 2 503 adultes âgées de 6 à 74 ans. Cette étude comprend des prélèvements biologiques (urines, sang et cheveux) et l’administration d’un questionnaire sur les habitudes de vie, les consommations alimentaires, les caractéristiques des participants.