Sanofi annonce investir 2 milliards d’euros d’ici cinq ans dans l’ARN messager

RECHERCHE Sanofi va créer un centre de recherche dédié aux vaccins à « ARNm », situé à Cambridge, aux États-Unis, et à Marcy-L’Étoile, près de Lyon

20 Minutes avec AFP
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Le logo de Sanofi. (illustration)
Le logo de Sanofi. (illustration) — Thibault Camus/AP/SIPA

Le géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé, ce mardi, qu’il allait investir 2 milliards d’euros d’ici cinq ans dans la recherche et le développement sur l’ARN messager, pour prendre le virage de cette technologie innovante à l’origine des premiers vaccins contre le Covid-19.

Le laboratoire a annoncé mardi qu’il allait consacrer 400 millions d’euros par an d’ici à 2025 dans la recherche sur de nouveaux vaccins à ARN messager, des investissements qui devraient se poursuivre au-delà de cette période. Sanofi, l’un des leaders mondiaux dans le secteur des vaccins, va créer un centre de recherche dédié aux vaccins à « ARNm », situé à Cambridge, aux États-Unis, et à Marcy-L’Étoile, près de Lyon, sur deux sites où le groupe est déjà présent, a-t-il indiqué mardi dans un communiqué.

« On ne va pas remplacer nos vaccins actuels »

Ce centre rassemblera 400 salariés avec des équipes dédiées à la recherche et développement, au numérique ou encore à la chimie et à la fabrication, avec des créations d’emplois à la clef. Objectif affiché : mettre au point une nouvelle génération de vaccins, avec au moins six candidats vaccins en essais cliniques d’ici à 2025. Pour y arriver, Sanofi va intensifier son partenariat avec Translate Bio, une biotech américaine spécialisée dans l’ARN messager, avec laquelle il collabore depuis 2018.

« Il s’agit de vaccins de routine sur des maladies infectieuses. On ne va pas remplacer nos vaccins actuels, mais étendre notre portefeuille », a souligné Thomas Triomphe, vice-président exécutif et responsable monde de Sanofi Pasteur, la branche du groupe dédiée aux vaccins. Le laboratoire ne précise pas quelles maladies infectieuses seront visées. « Ce nouveau mécanisme d’action va compléter nos différentes approches, souligne-t-il. Notre ambition est d’amener l’ARN messager à l’étape d’après : comment faire évoluer cette technologie en ayant des vaccins thermostables (2 à 8 °C) et une innocuité améliorée pour pouvoir les utiliser de façon routinière et pas uniquement pandémique ».

Un vaccin ARN messager contre la grippe

L’an dernier, les vaccins – pédiatriques, contre la grippe, etc. – ont généré quasiment six milliards d’euros de ventes pour Sanofi, soit quelque 17 % de son chiffre d’affaires. Pourtant, malgré son expertise, le laboratoire a multiplié les retards face au Covid-19, s’attirant l’ire de l’opinion publique. Son vaccin recombinant​ – développé avec le britannique GSK – devrait ainsi être commercialisé d’ici à la fin de l’année, soit un an après ses concurrents Pfizer-BioNTech et Moderna, qui ont mis au point un vaccin à ARN messager.

Son autre vaccin contre le Covid, développé avec Translate Bio et qui utilise la technologie de l’ARN messager, est quant à lui au début des essais sur l’homme. Sanofi a annoncé récemment avoir lancé de premiers essais cliniques pour un projet de vaccin contre la grippe à base d’ARN messager, soit « avant les annonces similaires d’autres concurrents », fait toutefois valoir Thomas Triomphe.