« Attention lors de vos balades ! » Oui, cette plante peut entraîner des brûlures

FAKE OFF Très virale sur les réseaux sociaux, l’alerte liée à la « berce du Caucase », une espèce invasive, est fondée

Romarik Le Dourneuf
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Berce du Caucase.
Berce du Caucase. — Stevebidmead
  • Alors que de nombreuses Françaises et Français s’apprêtent à partir en randonnée cet été, plusieurs publications virales sur Facebook alertent sur les risques de brûlures que présente la « berce du Caucase », une espèce présentée comme invasive.
  • La mise en garde est fondée : la sève de cette plante, irritante, est photosensible et provoque des brûlures qui peuvent être importantes lors de l’exposition à la lumière et au soleil.
  • Pour limiter les dégâts, il faut absorber la sève sans l’étaler, laver avec du savon, rincer abondamment à l’eau et protéger la peau du soleil pendant au moins deux jours.

Des mains d’enfants boursouflées, des pattes de chien couvertes de cloques… Ces images, accompagnées de la photo d’une plante, peuvent paraître alarmistes. En y regardant de plus près, l’espèce végétale présentée dans plusieurs posts très viraux sur Facebook au cours des derniers jours est familière. Il s’agit de la « berce du Caucase ». Très présente en France, notamment au bord des routes, elle est inscrite depuis 2017 sur la liste des espèces invasives préoccupantes de l’Union européenne. Selon les auteurs de ces publications, cette plante causerait également des brûlures importantes.

La berce du Caucase peut causer des brûlures après exposition au soleil.
La berce du Caucase peut causer des brûlures après exposition au soleil. - Capture d'écran

FAKE OFF

La plante en question est une Heracleum mantegazzianum, plus communément appelée « berce du Caucase ». C’est une espèce de plantes herbacées de la famille des Apiaceae. Comme le soulignent les publications virales, cette plante est effectivement nocive pour l’homme comme pour l’animal. Sa sève est irritante pour la peau. Pire, elle contient des furocoumarines, une substance sensible à la lumière. Exposée au soleil, elle peut causer des lésions et des brûlures, qui se traduisent par des plaques rouges ou des cloques comme celles présentées sur les photos accompagnant certaines publications. C’est ce que les scientifiques appellent la phototoxicité.

Le centre antipoison Fernand-Widal de Paris connaît bien cette plante et compare ses effets au latex de figuiers et au peucédan de Corse. « Ces furocoumarines, des agents toxiques photosensibles, sont malheureusement des "classiques" », explique un médecin du centre à 20 Minutes. Une des difficultés est que l’effet n’est pas immédiat, il faut souvent attendre l’exposition au soleil et la brûlure pour se rendre compte d’avoir été « touché ».

Toutefois, celles et ceux qui se rendent compte d’avoir manipulé cette plante peuvent dans un premier temps éponger la sève avec un papier ou un tissu absorbant sans frotter. Après cela, il faut laver la zone avec de l’eau et du savon, puis rincer abondamment avant de couvrir la zone pour la protéger du soleil pendant deux à trois jours.

Selon le Conservatoire national botanique de Brest, la berce du Caucase a été introduite en Europe de l’Ouest au XIXe siècle comme plante ornementale, avant de réellement devenir invasive à la fin du XXe siècle. Espèce très compétitive qui, « par sa croissance rapide et sa grande taille, élimine la plupart des espèces indigènes là où elle s’implante », elle est reconnaissable à sa grande taille (de 2 à 3 m). Ses feuilles sont divisées en une à trois folioles profondément découpées et dentées. Elles mesurent souvent plus de 1 m, pouvant atteindre 3 m de longueur (avec le pétiole) et 1,5 m de largeur.