Coronavirus à Nice : Pourquoi le nombre de cas ne baisse-t-il plus depuis plusieurs semaines ?

EPIDEMIE « La possibilité d’une nouvelle vague est à notre porte », prévient même un infectiologue

Elise Martin

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Des personnes se baladent sur la promenade des Anglais à Nice sans masque (Illustration)
Des personnes se baladent sur la promenade des Anglais à Nice sans masque (Illustration) — Sipa
  • La métropole niçoise a d’abord été l’endroit où le virus circulait le plus, puis celle où il était le moins présent. Alors qu’on s’attendait à voir encore baisser les indicateurs, comme l’an passé, le nombre de cas positifs stagne.
  • Le Professeur Michel Carles, infectiologue au CHU de Nice, insiste sur la nécessité de respecter les gestes barrières quand on ne porte pas de masque.
  • Avec les variants et le non-respect de ces mesures, une « nouvelle vague est à notre porte », prévient-il.

Fin mai, 20 Minutes notait le passage du rouge au vert des indicateurs de l’épidémie du Covid-19 dans les Alpes-Maritimes. Mais depuis, il semblerait que ces mêmes chiffres stagnent dans la métropole niçoise. « Nous étions au plus bas le mois dernier, relève le Pr Michel Carles, infectiologue au CHU de Nice. Nous étions en décalage par rapport au reste de la France. Maintenant, nous sommes au même niveau que des métropoles comme Marseille, Strasbourg ou même Nantes, qui étaient largement au-dessus de nous auparavant. C’est un réel sujet de préoccupation car on s’attendait à voir continuer de baisser les indicateurs, comme l’année dernière ».

Depuis une quinzaine de jours, le taux d’incidence de la métropole de Nice tourne autour de 20 cas positifs pour 100.000 habitants, sans vraiment descendre en dessous. « Ce n’est pas satisfaisant, affirme le Pr Michel Carles. Nous remarquons même une légère augmentation depuis une semaine. »

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation : « On stagne avec le variant anglais et en même temps, on doit gérer l’apparition de plusieurs foyers indiens [le variant dit Delta], dont le taux de reproduction est très élevé. Et puis, quand nous étions au plus bas, d’autres régions avaient une circulation virale plus importante. Le fait que la Côte d’Azur soit une zone de passage très attractive a pu jouer dans les chiffres ».

« On est encore loin du compte »

L’infectiologue est clair. « Il faut continuer de vacciner massivement. C’est avec deux injections qu’un vaccin est efficace à 90 %. De cette manière, on peut limiter les formes graves du Covid-19 et avec une large population vaccinée, on peut éteindre l’épidémie. Mais on est encore loin du compte ». Mercredi soir, selon le rapport quotidien de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, 559.123 personnes avaient reçu au moins une dose dans les Alpes-Maritimes, soit 50.94 % de la population.

Il ajoute : « Il ne faut pas relâcher les efforts et ne pas se dispenser des gestes barrières. Il vaut mieux prendre des précautions par excès que l’inverse. C’est très bien d’avoir arrêté de dire que le masque était obligatoire en extérieur mais cela répond au respect d’autres mesures sanitaires autour de nous et non pas le retour à une vie normale ». Il rappelle qu’il faut porter le masque dans les endroits de promiscuité, dans une foule dense ou dans les transports en commun par exemple.

Les chiffres ne diminuant pas comme lors de la première vague, il prévient : « Avec tous ces éléments, on s’expose à une poussée épidémique dans le courant de l’été et à repartir à la hausse. La possibilité d’une nouvelle vague est à notre porte ».