Cybercriminalité : Un haut responsable américain accuse Moscou de protéger les pirates informatiques basés sur son sol

TENSIONS Il affirme également que le gouvernement russe se met en travers des efforts des autorités américaines pour les combattre

20 Minutes avec AFP

— 

La Russie accusée par les Etats-Unis de collusion avec des cybercriminels
La Russie accusée par les Etats-Unis de collusion avec des cybercriminels — xusenru / Pixabay

L’accusation ne risque pas de détendre l’atmosphère entre les deux pays à l’heure même ou leurs dirigeants se rencontrent à Genève. Le haut responsable américain John Demers, en charge des questions de sécurité nationale au ministère de la Justice a accusé mercredi la Russie de protéger les pirates informatiques basés sur son sol en échange de coups de pouce « dans des domaines de l’intérêt du gouvernement ».

« Il y a beaucoup d’attaques au rançongiciel menées depuis le territoire russe », a-t-il déclaré lors d’une discussion organisée par le média spécialisé Cyberscoop. Ce dernier a ajouté que le gouvernement russe « ne se contente pas de les tolérer, il se met en travers des efforts des autorités américaines pour les combattre ».

Une idée « grotesque »

Après une série d’attaques contre des entreprises américaines, le président Joe Biden avait dit vouloir aborder la question avec son homologue Vladimir Poutine lors de leur sommet mercredi à Genève. Moscou a toujours nié toute collusion avec des cybercriminels. L’homme fort du Kremlin a encore jugé lundi « grotesque » l’idée que son pays puisse mener une guerre informatique contre les Etats-Unis.

Mais, selon John Demers, la Russie et la Chine « regardent ailleurs » quand des cybercriminels agissent depuis leur sol, « tant qu’ils ne s’en prennent pas à des victimes russes ou chinoises et qu’ils utilisent leurs outils et leurs talents pour aider les gouvernements de ces pays ».

Des bâtons dans les roues des enquêteurs américains

Pire, la Russie met des bâtons dans les roues des enquêteurs américains, et notamment de leurs « efforts d’extradition », a-t-il accusé. D’après lui, si un pays tiers arrête un pirate poursuivi par la justice américaine et que cette personne est remise en liberté sous caution, « elle est autorisée à rentrer en Russie ».

Moscou peut aussi émettre des mandats d’arrêt et demander l’extradition vers la Russie « sans réel chef d’inculpation », juste « pour avoir une couverture pour les rapatrier », a-t-il encore dit.