Coronavirus : Attestation, consentement… A quelles conditions les 12-17 ans peuvent-ils se faire vacciner ?

EPIDEMIE La vaccination des adolescents, qui débute en France mardi, nécessite une petite préparation en amont et l’accord de plusieurs membres de la famille

Marie De Fournas

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Vaccination des adolescents : quelles sont les règles ? — 20 Minutes
  • La vaccination des 12-17 ans débute ce mardi, en France.
  • Plusieurs conditions doivent être réunies pour que celle-ci soit possible.
  • « 20 Minutes » fait le point sur l’ouverture de la vaccination aux ados.

Pas aussi simple que pour les adultes. A partir de mardi, la vaccination sera ouverte en France à tous les mineurs de 12 et 17 ans. Une nouvelle étape de taille dans la campagne vaccinale entreprise par le gouvernement qui espère vacciner le plus grand nombre de citoyens d’ici la rentrée en septembre. Contrairement à la vaccination des personnes majeures, celle des mineurs nécessite de remplir plusieurs conditions. 20 Minutes fait le point.

L’accord d’un ou des deux parents est-il nécessaire ?

Comme l’a déclaré ce lundi sur RTL le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, « les deux parents » doivent donner leur accord pour que leur enfant puisse être vacciné. Pour cela, ils doivent télécharger, imprimer et signer une attestation disponible sur le site du ministère de la santé. Elle sera recueillie et conservée par le professionnel de santé. En cas d’absence d’un des deux parents, la Direction générale de la santé (DGS) explique à 20 Minutes que « le parent présent remplit l’attestation et s’engage sur l’honneur à avoir recueilli préalablement le consentement du parent absent et co-titulaire de l’autorité parentale ». Elle ne nous précise en revanche pas la démarche à suivre dans le cas où l’un des deux parents se serait volatilisé dans la nature.

L’exception s’applique « pour les jeunes à haut risque de forme grave de Covid-19 du fait d’une pathologie dont ils sont atteints », précise la DGS. Dans ce cas, l’accord de seulement l’un des deux titulaires de l’autorité parentale est nécessaire pour administrer le vaccin. « En effet, aux termes de la jurisprudence du Conseil d’Etat du 4 octobre 2019, la vaccination recommandée, dont le bénéfice risque individuel pour le jeune est évalué favorablement par un professionnel de santé, peut être considérée comme un acte usuel de l’autorité parentale, et donc relever de l’autorisation d’un seul des deux titulaires de l’autorité parentale », argumente l’instance.

L’adolescent a-t-il son mot à dire ?

Oui et pas qu’un peu. Tout d’abord, conformément auxrecommandations du Comité consultatif national d’éthique du 8 juin 2021, tous les mineurs de 12 ans et plus devront recevoir, lors de l’entretien préparatoire à la vaccination, « une information claire et adaptée à leur âge sur les incertitudes liées à la maladie, sur le vaccin lui-même et à propos de son efficacité à moyen et long terme », affirme la DGS.

Ensuite, même si les parents souhaitent ardemment faire vacciner leur ado, si ce dernier ne souhaite pas y avoir recours, par conviction personnelle ou simplement pour leur tenir tête, c’est à lui que revient le dernier mot. L’administration du vaccin est en effet « conditionnée au consentement libre et éclairé du mineur concerné », écrit la DGS dans un document adressé aux professionnels de santé. A la différence de l’accord parentale, ce consentement ne nécessite pas d’engagement écrit et « doit être recueilli à l’oral, pendant l’entretien préparatoire à la vaccination ».

Les mineurs peuvent-ils aller se faire vacciner seul ?

S’il n’est pas nécessaire que les deux parents soient là, « la présence d’un seul parent » est obligatoire lors de la vaccination, indique Jérôme Salomon sur RTL. Le parent présent, en plus de fournir l’attestation écrite, devra « s’engager sur l’honneur à ce que le parent co-titulaire de l’autorité parentale a donné son autorisation ».

Quel document apporter ?

Attention, même si les mineurs de plus de 16 ans possèdent une carte vitale à leur nom, ils devront obligatoirement présenter la carte vitale d’un de leurs parents ou une attestation de droit mentionnant le numéro de sécurité sociale d’un de leurs parents. « Cette précaution est nécessaire pour assurer le bon remplissage de l’outil Vaccin Covid », précise la DGS.

Où faire vacciner les adolescents ?

En raison du délai trop court avant le début des vacances d’été, les vaccinations ne se feront pas dans les écoles, collèges ou lycées. Il faudra, comme pour les adultes, se rendre dans un centre de vaccination.

Pour l’heure en France, seul le vaccin Pfizer est autorisé pour les mineurs. « L’AMM du vaccin Pfizer-BioNTech a été modifiée pour permettre la vaccination des enfants à partir de 12 ans », détaille la DGS.

Y a-t-il des exceptions ?

La vaccination est ouverte à tous les mineurs de 12 à 17 ans « à l’exception des adolescents ayant développé un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) à la suite d’une infection par le SARS-CoV-2, pour lesquels la vaccination n’est pas recommandée (en application de l’avis du 11 juin 2021 du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale) », indique la DGS. Le mieux étant donc de demander conseil au médecin traitant.