Coronavirus : Alain Fischer voit la vaccination des ados comme « un impératif arithmétique »

IMMUNITE COLLECTIVE Le Professeur Alain Fischer incite les jeunes de 12 à 18 ans à se faire vacciner contre le Covid-19. Ils pourront le faire à partir du 15 juin

20 Minutes avec AFP

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Un adolescent de 12 ans se faisant vacciner aux Etats-Unis. En France cela sera possible à partir du 15 juin.
Un adolescent de 12 ans se faisant vacciner aux Etats-Unis. En France cela sera possible à partir du 15 juin. — Alexandra Wimley/AP

Pour le « Monsieur vaccin » du gouvernement, si la France veut se rapprocher de l’immunité de groupe contre le Covid-19, elle n’a pas d’autre choix que de vacciner les mineurs de plus de 12 ans. Cette nouvelle phase de la vaccination, qui doit débuter mardi, est même selon Alain Fischer un « impératif arithmétique ».

« L’idée de vacciner les ados à la place des adultes réticents est éthiquement inacceptable » mais « l’ouverture mardi aux ados se justifie » car « pour parvenir à l’immunité de groupe, il faut vacciner 90 % des 12 à 100 ans ; si bien qu’elle restera hors d’atteinte même en vaccinant la quasi-totalité des adultes », avance le Professeur Fischer dans une interview au Journal du Dimanche. Le gouvernement a annoncé le 2 juin que les jeunes de 12 à 18 ans pourraient se faire vacciner à partir du 15 juin.

« Réduire le risque de fermeture d’établissements » scolaires

Alain Fischer évoque également pour les ados, qui ont un risque sanitaire minime face au Covid-19, un « bénéfice individuel au sens social et psychologique » car « ils paient un trop lourd tribut à la pandémie » avec des décrochages scolaires et des impacts psychologiques très lourds pour les jeunes privés de collège ou de lycée. « La vaccination va réduire le risque de fermeture d’établissements à la rentrée, on sait que les ados participent autant que les adultes à la circulation du virus, donc il faut y aller », poursuit le responsable.

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé samedi que la barre symbolique des 30 millions de Français ayant reçu une première dose était franchie. C’est un « beau symbole », selon Alain Fischer même s’il trouve « plus parlant de raisonner à partir du nombre de Français protégés ». « Si on ajoute les personnes complètement vaccinées, celles qui ont reçu une dose depuis au moins quinze jours et donc sont déjà partiellement immunisées, celles qui ont une immunité naturelle après avoir eu le Covid, on arrive à environ 32 millions », calcule le médecin. « Donc près de la moitié de la population est protégée. Il y a une immunité de groupe à l’horizon ». « Mais c’est comme un marathon dont on aurait déjà couru les deux tiers. Et dont on sait que le dernier sera le plus difficile », prévient toutefois Alain Fisher.