Vaccination : Le sérum de l’allemand CureVac confronté à des retards

PANDEMIE Le vaccin CureVac devait être disponible en juin

20 Minutes avec AFP

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Le vaccin contre le Covid-19 du laboratoire allemand CureVac, basé sur la technologie de l’ARN messager, pourrait voir sa commercialisation retardée en raison de l’allongement des phases de test, selon des médias et les autorités locales de santé. Le ministère de la Santé du Land de Bade-Wurttemberg, où est basée la biotech allemande, a confirmé vendredi à l’AFP avoir reçu des informations en ce sens lors d’une récente réunion avec le ministre fédéral de la Santé. Dans la presse, le responsable régional a précisé que le vaccin n’était plus attendu avant le mois d’août et faisait face à des « complications ».

Société allemande de biotechnologie, fondée en 2000 par le pionnier de l'ARN messager Ingmar Hoerr, CureVac a annoncé dans ses résultats intermédiaires, fin mai, qu’une analyse « n’a révélé aucun problème de sécurité » avec son candidat vaccin. Mais aucun résultat d’efficacité n’a pas encore été publié.

Des essais freinés par… la baisse des taux d’infection

Pour achever ses essais cliniques, qui incluent environ 40.000 volontaires en Europe et en Amérique latine, CureVac a besoin qu’au moins 111 participants contractent le virus. CureVac pensait atteindre cet objectif et demander son approbation en Europe fin mai ou début juin, mais la baisse des taux d'infection a ralenti les procédures. Une porte-parole du laboratoire a déclaré que la société espérait désormais avoir recueilli suffisamment de données « d’ici la fin du mois de juin ». Dans un communiqué jeudi soir, CureVac a également fait état de « délais supplémentaires » liés à la prise en compte des variants du virus, qu’il doit séquencer.

Un vaccin très attendu

Plus facile à transporter que les autres vaccins ARN, le sérum de CureVac est très attendu en Europe, où les campagnes de vaccination s’accélèrent. La Commission européenne a signé avec le laboratoire un contrat portant sur l’achat de 405 millions de doses. Le laboratoire s’est allié aux géants pharmaceutiques suisse Novartis et Allemand Bayer qui participeront aux phases de production à venir. L’Agence européenne des médicaments (EMA) mène un examen en continu de son candidat vaccin, au fur et à mesure de la publication des résultats, en vue de pouvoir se prononcer rapidement sur son autorisation.

Quatre autres vaccins sont déjà autorisés dans l’UE, ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna, également basés sur la technologie de l’ARN messager, et ceux d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson, dits à vecteur viral.