Un rapport de l’Inserm préconise d’augmenter le prix de l’alcool pour faire baisser la consommation

ADDICTION Une étude de l’Inserm publiée vendredi souligne les risques sur la santé liés à la consommation de l’alcool

T.C.

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Bien que sa consommation soit perçue comme anodine, l’alcool fait partie des drogues les plus dangereuses (avec l’héroïne et la cocaïne).
Bien que sa consommation soit perçue comme anodine, l’alcool fait partie des drogues les plus dangereuses (avec l’héroïne et la cocaïne). — © Michael Discenza / Unsplash

Augmenter le prix de l'alcool et restreindre davantage sa publicité. Pour faire baisser la consommation des Français, un groupe d’experts réunis par l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) formule plusieurs propositions chocs dans un rapport publié vendredi. Selon ses auteurs, 43 millions de personnes en consomment en France. Or, on dénombre 41.000 morts par an pour un coût social estimé à 118 milliards d’euros. « Les études récentes montrent que toute consommation d’alcool est nuisible pour la santé et qu’il n’y a pas d’effet protecteur contrairement à ce qui a été mis en avant pendant longtemps », ajoutent-ils.

Après avoir travaillé trois ans sur la question, chercheurs et cliniciens l’assurent : « L’alcool est une drogue, une molécule cancérigène et toxique pour de nombreux organes dont la toxicité est relayée en partie par son métabolite, l’acétaldéhyde. Sa consommation est responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies. » Comparativement à d’autres pays européens, la proportion de décès attribuables à l’alcool est plus élevée en France.

Interdire sa publicité sur Internet

Son coût social, estimé à 118 milliards d’euros en 2010, « se compose principalement de coûts liés à la mortalité (66 milliards d’euros) et à la morbidité (39 milliards d’euros) attribuables ». « L’alcool ne rapporte rien à l’État, il ampute les finances publiques », insistent les auteurs. Le rapport de l’Inserm souligne aussi que le prix de l’alcool, sa disponibilité ou encore les normes relatives à sa consommation « sont associés aux perceptions positives de l’alcool et aux tendances de consommation ». En outre, la publicité et le marketing de l’alcool « peuvent influencer les niveaux et modes de consommation ».

Afin de réduire l’attractivité de l’alcool, le groupe d’experts estime nécessaire de renforcer la loi Évin pour interdire sa publicité sur Internet et dans l’espace public, d’augmenter son prix, de mieux contrôler et son accès aux mineurs, de réduire sa disponibilité et « de restreindre les plages horaires de vente d’alcool que ce soit à emporter ou à consommer sur place ». Il propose aussi de « diffuser des campagnes de "contre-marketing" sur la manipulation publicitaire des producteurs d’alcool », d’améliorer « la visibilité des avertissements sanitaires sur les publicités et les packagings des produits alcooliques », et de former les « étudiants en santé pour mieux les sensibiliser au marketing et au lobbying de l’industrie de l’alcool ».