Des femmes atteintes d’un cancer du sein dénoncent la pénurie du Trodelvy en Europe

ESPOIR Le Trodelvy est essentiel car « il permet de doubler l’espérance de vie », selon le collectif #MobilisationTriplettes

20 Minutes avec AFP

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Le laboratoire américain Gilead, en Californie.
Le laboratoire américain Gilead, en Californie. — Yichuan Cao/Sipa USA

Les femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif métastatique sont dans l’attente du Trodelvy. La prise de ce médicament leur permettrait en effet d’espérer vivre quelques mois de plus malgré la maladie. Problème : le laboratoire américain Gilead, détenteur du brevet, déclare ne pas avoir les capacités de production suffisante pour fournir les patientes européennes. Le laboratoire est en outre toujours dans l’attente des autorisations en Europe, alors que le traitement est déjà commercialisé aux Etats-Unis.

Au regard des données statistiques, Claude Coutier, qui a créé le collectif #MobilisationTriplettes, ne comprend pas pourquoi le Trodelvy met autant de temps à arriver sur le marché européen. Pourtant, « selon les chiffres officiels, la médiane de survie est de 14 mois. Quatorze mois, c’est court. Alors, ce médicament, il permet de doubler l’espérance de vie », confie-t-elle à France Info.

Attendre « la fin de l’année »

De son côté, le laboratoire reconnaît qu’il va falloir encore patienter. « Nous sommes en cours de construction de cette capacité [de production] pour l’Europe et pour les autres pays d’ailleurs, en dehors des États-Unis », explique Michel Joly, président de Gilead France. « Nous aurons un médicament qui sera disponible au moment aussi de l’autorisation européenne de mise sur le marché, c’est-à-dire à la fin de l’année ».

Si six mois peuvent généralement paraître courts, c’est évidemment une éternité pour les malades d’un cancer aussi virulent. Michel Joly, conscient « bien sûr de la situation de ces patientes », a donc décidé de faire un geste. « Nous avons pu prélever quelques milliers de flacons sur la production américaine pour donner accès au Trodelvy à quelques dizaines de patientes qui sont dans une situation d’urgence », explique le dirigeant à France Info. Cela concernera 78 patientes, le temps qu’une usine soit construite en Italie.

Pour Claude Coutier c’est une goutte d’eau par rapport aux besoins réels. Environ 600 femmes sont en effet en attente en France du Trodelvy. « 78 femmes, c’est super, mais, et les autres, on les laisse mourir ? Que fait-on ? » interroge-t-elle. Le collectif #MobilisationTriplettes demande donc au plus vite un geste supplémentaire à Gilead et cette fois pour l’ensemble des malades.