Vaccination à Marseille : Les étudiants se lèvent tôt pour avoir leur dose

VACCINATION Par prudence, pour les concerts, les boîtes de nuit, par pur opportunisme ou par obligation, on a discuté avec des jeunes vaccinés à Aix-en-Provence

Alexandre Vella
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Sur le campus d'Aix-en-Provence, des étudiants attendent de se faire vacciner.
Sur le campus d'Aix-en-Provence, des étudiants attendent de se faire vacciner. — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • Le département organise une campagne de vaccination des étudiants de l’université d’Aix-Marseille.
  • Malgré la fin de l’année universitaire, les étudiants sont au rendez-vous et l’opération est étendue jusqu’à la fin de semaine prochaine.
  • A noter la présence en nombre d’étudiants étrangers, chez qui la vaccination n’est pas toujours ouverte à leur classe d’âge.

Il fallait se lever tôt pour recevoir une première dose de vaccin et s’éviter une longue attente sous un soleil provençal déjà ardent. Peu avant 10 heures, une centaine d’étudiants de l'université d'Aix- Marseille faisaient la queue, attendant d’être pris en charge par l’unité mobile de vaccination du département, un bus aménagé et médicalisé. Harol est arrivé à 8 h 30. Il attend à l’écart, à l’ombre, ticket numéroté en main. « Il y avait déjà beaucoup de monde et j’avais d’abord prévu d’étudier à la bibliothèque. Mais quand j’ai vu ça, je me suis mis dans la file », raconte cet étudiant en droit public international.

Après une première étape sur le site de Luminy, le bus s’est installé ce jeudi pour deux jours à Aix-en-Provence. « Nous avons prévu 100 doses Pfizer par jour », détaille Emmanuel Reboul, responsable de la campagne de vaccination du département. « Avec la possibilité de se faire livrer à nouveau, si besoin ». Au rythme de 40 injections par heure, le besoin ne tarde pas à se faire sentir. Emmanuel Reboul négocie dès 10 h 30 une nouvelle livraison de 100 doses. Malgré la fin de la période universitaire, les étudiants sont bien au rendez-vous.

Deux malaises vagaux

L’absence de prise de rendez-vous semble avoir décidé les étudiants. « C’est plus simple », résume Sarah qui étudie la chimie. « De toute façon, si l’on veut voyager, on est un peu obligé », poursuit Sarah. Les annonces d’instauration d’un pass sanitaire pour accéder à certains lieux et événements emportent également les raisons. Pierre a beau étudier le théâtre et avoir un petit côté excentrique avec sa salopette, il n’en demeure pas moins radicalement pragmatique. « C’est pour ne pas attraper le covid », répond-il avant de se tourner vers son amie Léa, qui ajoute : « et aussi, si on en a besoin à la rentrée, pour la fac et les concerts ». « Et les boîtes de nuit ! », se languit Pierre qui repart vacciné et QR code en main.

Parmi les étudiants rencontrés ce jour-ci, peu craignent les effets secondaires bien que deux primo-vaccinés aient brièvement tourné de l’œil, victime d’une chute de tension. « C’est un phénomène qu’on n’avait pas observé chez les personnes âgées », explique Emmanuel Reboul. « Lundi aussi, il y a un jeune qui a fait un petit malaise vagal après injection ». Autre observation intéressante, la présence en nombre d’étudiants étrangers. Telle Lucia, une allemande qui voulait « se faire vacciner le plus tôt possible. Mais ce n’est pas encore possible pour les étudiants dans mon pays », regrette-t-elle. A Luminy, ils représentaient près de la moitié des 182 vaccinés du jour indique Emmanuel Reboul.

Prévue initialement pour s’arrêter mardi, l’opération de vaccination dans les campus devrait finalement se prolonger jusqu’à la fin de la semaine prochaine.