Coronavirus au Canada : L'injection de vaccins différents pour les deux doses autorisée

FEU VERT Le but est d’éviter la perte de doses de vaccins AstraZeneca, qui suscite la méfiance au sein de la population

20 Minutes avec Agences

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Les Canadiens pourront mélanger AstraZeneca et vaccin à ARN messager.
Les Canadiens pourront mélanger AstraZeneca et vaccin à ARN messager. — SYSPEO/SIPA

Le comité scientifique conseillant le gouvernement du Canada sur la vaccination a donné son feu vert mardi à la possibilité de changer de vaccin anti-Covid entre la première et la deuxième dose. Les personnes ayant reçu une première dose d’ AstraZeneca peuvent recevoir soit une seconde dose de ce même remède, soit une dose d’un vaccin à ARN messager ( Pfizer-BioNTech ou Moderna), a annoncé le comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) dans un communiqué. Les Canadiens ayant reçu une première dose d’un vaccin à ARN messager doivent se voir proposer le même sérum pour leur seconde dose mais s’il est indisponible, un autre vaccin à ARN messager peut être offert.

Plus d’effets secondaires ?

« L’interchangeabilité des vaccins signifie que vous pouvez recevoir une première dose de vaccin et recevoir en toute sécurité un vaccin différent pour votre seconde dose afin de compléter la série de vaccins nécessaire pour assurer une protection optimale contre la Covid-19 », a assuré le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique fédérale.

Pour formuler cette recommandation, le CCNI précise avoir notamment pris en compte le risque de caillots sanguins graves avec le vaccin AstraZeneca. Il indique également qu’un tel mélange peut entraîner la « possibilité d’augmentation des effets secondaires à court terme […], notamment des maux de tête, de la fatigue et une sensation de malaise général ».

Des mélanges de vaccins déjà appliqués pour la grippe

La combinaison de vaccins de fabricants différents n’est pas inédite : elle a été appliquée contre la grippe ou encore l’hépatite A, explique le comité. « Je crois que nous devrons regarder de près ce qui va se passer après cette recommandation », a estimé la Dr Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique, interrogée sur un risque de voir les Canadiens bouder le vaccin d’AstraZeneca en deuxième dose. « Nous ne voulons pas laisser des doses de vaccins inutilisées », a-t-elle ajouté.

La décision d’appliquer ou non cette recommandation revient aux provinces canadiennes. Plusieurs d’entre elles ont annoncé en mai leur décision de suspendre par précaution l’administration du sérum d’AstraZeneca pour les personnes recevant leur première dose de vaccin, en raison d’une hausse de nombre de thromboses liées au vaccin. Mais celui-ci continue à être utilisé pour les personnes ayant reçu une première dose d’AstraZeneca et souhaitant recevoir une seconde dose du même produit.