Coronavirus : Rappel de près de 17 millions de masques FFP2 potentiellement dangereux distribués aux soignants

SANTE Ces masques contiennent du graphène, un matériau considéré comme un biocide

20 Minutes avec agence
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Des masques FFP2 (illustration).
Des masques FFP2 (illustration). — SYSPEO/SIPA

Un document mis en ligne le 25 mai par Santé Publique France (SPF) sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a failli passer inaperçu. Et pourtant, la note intitulée « Urgent- Information de sécurité », et repérée par Mediapart, concerne des milliers de soignants.

Il est demandé aux hôpitaux, destinataires de ce document de ne plus utiliser les masques labellisés « Biomass Graphène » dans « l’attente de l’évaluation de l’éventuel risque lié à la présence de graphène dans ces masques ». Il s’agit des modèles SNN200647, SNN70369B et SNN70370B commandés par l’Etat au fabricant chinois Shandong Shengquan New Materials.

Une commande passée dans un « contexte de pénurie de masques »

L’Agence régionale de santé​ (ARS) a adressé une note à ce sujet aux directions hospitalières. « A ce stade, il a été identifié 60,5 millions de masques FFP2 dotés d’un marquage CE pouvant potentiellement contenir du graphène dont 16,9 millions ont d’ores et déjà été distribués en 2020 », relaye Mediapart. Ces masques ont été envoyés à des établissements de santé, des établissements médico-sociaux et possiblement à des professionnels de santé du secteur ambulatoire.

Le graphène, matériau léger et ultrarésistant, est considéré en France comme un biocide. C’est-à-dire qu’il fait partie des « substances ou des préparations destinées à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes jugés nuisibles : champignons, bactéries, virus, rongeurs, insectes… », selon l’Agence nationale sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. De plus, Santé publique France précise que « l’activité biocide était un critère d’exclusion dans le cahier des charges de SPF. » Pourtant, ces masques ont bien été distribués aux soignants.

Interrogée par Mediapart, Santé publique France assure que cette commande a reçu « un avis favorable » de l’ANSM, même si « la mention de “Biomass Graphène” » apparaissait bien. Et d’ajouter : « Cette mention aurait pu sans doute nous apparaître plus évidente à SPF et à l’ANSM s’il avait été fait mention d’une revendication d’une activité biocide. » Enfin, cette commande a été passée en avril 2020, « au moment des acquisitions massives », dans un « contexte de pénurie de masques », tente de se justifier Santé publique France.