Coronavirus : C’est parti pour la vaccination pour tous

ELARGISSEMENT A partir de ce lundi, toutes les personnes majeures peuvent se faire vacciner contre le Covid-19. Le temps d’attente dépend par contre des doses disponibles

20 Minutes avec AFP

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Un centre de vaccination, à Paris le 15 mai 2021.
Un centre de vaccination, à Paris le 15 mai 2021. — Eric TSCHAEN-POOL/SIPA

Alors que les restrictions s’allègent peu à peu, la France marque ce lundi un tournant important dans sa lutte contre la propagation du coronavirus. Fini les critères d’âge ou d’état de santé, toute la population majeure du pays est désormais éligible à la vaccination contre le Covid-19.

« Je suis totalement convaincu qu’on va voir beaucoup de monde se faire vacciner », a estimé sur LCI Alain Fischer, le « monsieur vaccins » du gouvernement, qualifiant ce nouvel élargissement de la campagne d'« étape clé » pour protéger la population et « retrouver une vie de plus en plus normale ». Les candidats vont néanmoins devoir s’armer de patience : les réservations, qui ont démarré jeudi, arrivent de manière « progressive » sur les plateformes Internet spécialisées (Doctolib, Keldoc, Maiia), selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Un nombre limité de doses

Avec « 28 millions de personnes adultes éligibles à la vaccination et non vaccinées » pour « en moyenne 500.000 rendez-vous disponibles chaque jour », Doctolib a prévenu qu’il ne pourrait pas répondre à toutes les demandes au regard du « nombre encore limité de doses de vaccins, notamment Pfizer et Moderna ». Alors qu’une nouvelle accélération des livraisons est prévue en juin, avec 76,7 millions de doses attendues après 44,5 millions en mai, « il faut aller encore plus vite », a pour sa part estimé la maire (PS) de Nantes Johanna Rolland sur France 3. Il y a « encore trop de gens » en attente d’un rendez-vous, a-t-elle jugé.

Le nombre de professionnels mobilisés permettrait de « vacciner plus. La question c’est l’approvisionnement », a assuré la présidente de France Urbaine, fédération des agglomérations. « Sans vaccination massive, l’épidémie pourrait repartir », car « l’arrivée de nouveaux variants plus transmissibles » fait grimper la proportion de la population qui doit être vaccinée « pour empêcher la circulation du virus », a aussi prévenu dans le JDD Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur. Une prudence justifiée, selon Alain Fischer, qui observe que « les courbes vont dans le bon sens » mais qu'« on n’est pas tout à fait à l’abri » d’une reprise.

Les indicateurs s’améliorent

Les indicateurs sanitaires ont continué de s’améliorer dimanche, avec 8.541 cas positifs recensés à travers le pays, tandis que 16.775 malades du Covid-19 étaient soignés à l’hôpital, dont 2.993 en services de soins critiques, le chiffre le plus faible depuis fin janvier. « Si la décrue se poursuit jusqu’au 9 juin, prochaine étape de la levée des restrictions, nous passerons un été tranquille », a en outre estimé Arnaud Fontanet.

Pour le moment, 25.431.357 personnes ont reçu au moins une injection (soit 38 % de la population totale et 48,4 % de la population majeure), parmi lesquelles 10.777.150 personnes ont reçu deux doses. Au 15 juin, « il y a de bonnes chances qu’on soit au-delà de l’objectif du gouvernement de 30 millions de primo-vaccinés », a estimé Alain Fischer.