Déconfinement : Les burn-out en forte hausse à la veille du retour au bureau, selon une enquête

SANTE AU TRAVAIL Six salariés sur dix estiment notamment que leur direction « ne se rend pas compte de l’état psychologique des salariés et n’agit pas en fonction »

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une personne en télétravail.
Illustration d'une personne en télétravail. — Pixabay

A la veille d’un retour progressif au bureau, les burn-out « explosent ». C’est ce qu’indique un baromètre de la santé psychologique des salariés français réalisé par OpinionWay et présenté mercredi.

« Le taux de burn-out a doublé en un an, culminant à deux millions de personnes en burn-out sévère », constate Christophe Nguyen, à la tête du cabinet Empreinte Humaine, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux, en présentant la septième vague de ce baromètre depuis le début de la crise du Covid-19. « Avec de tels chiffres, dans un contexte de retour dans les bureaux, on peut s’attendre malheureusement à une nouvelle explosion des arrêts maladie dans les prochains mois », précise-t-il.

Des indicateurs inquiétants

Les indicateurs de l’état psychologique des salariés demeurent par ailleurs « très inquiétants » avec 44 % des salariés en détresse psychologique (-1 point par rapport à mars 2021). L’enquête relève aussi que six salariés sur dix estiment que leur direction « ne se rend pas compte de l’état psychologique des salariés et n’agit pas en fonction ». Le taux de dépression nécessitant un accompagnement chez les salariés reste à 36 % (dont 21 % risquant une dépression sévère) et 56 % des salariés au chômage partiel présentent un « risque dépressif ».

Parallèlement, 15 % des salariés disent avoir été absents pour raison de santé psychologique depuis un an. Et un quart dit avoir « peur de perdre son emploi » (c’est le cas de 39 % de ceux en chômage partiel).

Des télétravailleurs exposés

Par ailleurs, la fonction la plus exposée reste celle de manager, avec 52 % d’entre eux en détresse psychologique. Six managers sur dix disent ne pas pouvoir faire leur travail comme ils le souhaiteraient.

Les télétravailleurs sont aussi plus exposés avec 46 % d’entre eux en détresse psychologique mais huit sur dix veulent continuer à télétravailler à raison d’un à trois jours par semaine. Car si sept salariés sur dix pensent qu’un retour en présentiel est « nécessaire pour la cohésion d’équipes », la moitié des télétravailleurs ne veulent « pas revenir au bureau comme avant ». Ils disent notamment craindre « de ne pas pouvoir faire les mêmes amplitudes horaires » que pendant les confinements.