Coronavirus à Bordeaux : « On reste vigilants mais il n’y a pas de flambée du variant », estime l’ARS

EPIDEMIE Cinquante-et-un cas de ce nouveau variant, appelé E484Q, ont été diagnostiqués dans un quartier de Bordeaux jeudi. Des opérations de dépistages et de vaccinations sont lancées pour freiner au maximum sa propagation

Elsa Provenzano
— 
Depuis vendredi, les habitants du quartier peuvent se faire tester gratuitement à Bacalan. (Photo by Philippe LOPEZ / AFP)
Depuis vendredi, les habitants du quartier peuvent se faire tester gratuitement à Bacalan. (Photo by Philippe LOPEZ / AFP) — AFP
  • Les autorités sanitaires déploient un important dispositif pour tester et vacciner de façon prioritaire la population du quartier de Bacalan, pour freiner la diffusion d’un variant rare, appelé E484Q.
  • La vaccination est ouverte de façon anticipée aux personnes à partir de 18 ans (à partir du 31 mai au niveau national) alors que les premiers cas sont apparus chez des sujets jeunes.
  • Aucune forme grave n’est apparue et les autorités constatent qu’il n’y a pas de flambée des cas, estimant la situation sous contrôle.

Son petit nom c’est E484Q. Ce variant du Covid-19 a été repéré comme à l'origine d'un cluster d'une trentaine de personnes ce jeudi, dans le quartier Bacalan à Bordeaux. Un centre de dépistage a ouvert dans la salle Pierre Tachou du quartier dès vendredi et un centre de vaccination éphémère va être installée en renfort, probablement dès mercredi.

51 patients testés positifs à ce variant

Une centaine de cas ont été recensés à travers le monde donc on a très peu de recul sur ce variant. « C’est une mutation qu’on avait vue sur d’autres types de variants mais pas sur le variant anglais, c’est le plus gros cluster du monde avec 51 patients, explique Benjamin Daviller, conseiller médical à l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine. On avait eu une trentaine de cas dans un établissement de santé en Ile-de-France, quelques cas dans le Grand-Est, en Auvergne-Rhones-Alpes et, quelques autres en Allemagne et en Angleterre. Cela n’a pas flambé, nulle part ». Si les autorités sanitaires sont sur le pont pour freiner au maximum sa propagation à Bordeaux aussi, les dernières nouvelles sont rassurantes.

Depuis vendredi 900 tests ont été réalisés parmi la population du quartier, alertée par les services de la mairie sur la situation. « Là où on est un peu rassurés c’est que sur les trois derniers jours, selon les analyses du service de virologie du CHU de Bordeaux, on a le même le taux d’incidence [c’est-à-dire de cas positifs] que dans les autres quartiers. Il n’y a pas de flambée particulière. » Et sur les 51 cas positifs de ce variant recensés sur le quartier, aucune forme grave n’est encore apparue et aucune hospitalisation n’a été nécessaire. Et, aucune des personnes qui l’a contracté n’était vaccinée.

19.000 doses pour la vaccination

Quelque 19.000 doses de Moderna et Pfizer vont être fléchées pour la vaccination de la population de Bacalan, signalée comme prioritaire. « Les gens font preuve de civisme et sont observants, la population [10.000 habitants] va être vaccinée sur trois semaines », relève le conseiller médical de l’ARS. Pour orienter les habitants et réaliser le « tracing », douze personnes de l’assurance maladie ont été affectées en renfort.

Pour éviter que trop de personnes se présentent en même temps, dès mardi midi des rendez-vous sur les plateformes en ligne seront ouverts aux habitants du quartier. En plus du centre éphémère annoncé, la vaccination peut se faire au mégacentre de Bordeaux-Lac mais aussi à l’hôpital du Bouscat et de Mérignac, « avec des lignes dédiées à chaque fois », précise Benjamin Daviller. Alors qu’au niveau national l' élargissement de la vaccination aux plus de 18 ans s’ouvre à partir du 31 mai, il sera accéléré à Bacalan dès mardi midi pour contrer au maximum la progression du variant.

La vaccination transgénérationnelle est un des points forts de la stratégie a indiqué à l’AFP le professeur Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du Conseil scientifique : « Ce dernier point est d’autant plus nécessaire que ce cluster concerne surtout des jeunes, qui font des formes simples [de Covid-19]. On sait que cette mutation est associée à la transmissibilité, on ne peut pas jouer avec le feu et la laisser s’installer. »

Vaccination en Nouvelle Aquitaine

La Nouvelle-Aquitaine est la deuxième région de France en termes de couverture vaccinale : 80 % des plus de 75 ans sont vaccinés et 50 % des plus de 50 ans. Actuellement, 33 % de la population, toutes classes d’âges confondues, est vaccinée en Gironde. « On devrait avoir un arrêt de la circulation du virus et une qualité de vie augmentée, quand on approchera 70 % de toute la population française vaccinée », estime Benjamin Daviller, conseiller médical à l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine.