Coronavirus : 55 % des Français favorables à l’ouverture de la vaccination aux moins de 18 ans dès maintenant

INFO « 20 MINUTES » Notre enquête exclusive YouGov pour « 20 Minutes » et Doctissimo confirme l’adhésion croissante des Français à la vaccination

Claire Planchard
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Le centre de vaccination de Saint-Quentin-en-Yvelines, le 27 mars 2021.
Le centre de vaccination de Saint-Quentin-en-Yvelines, le 27 mars 2021. — Witt
  • Beaucoup de Français veulent se faire vacciner plus vite. Selon notre sixième Baromètre de la santé YouGov pour 20 Minutes et Doctissimo, 27 % des sondés déclarent avoir déjà essayé de se faire vacciner alors qu'ils n'étaient pas éligibles et 19% avec succès.
  • Les Français veulent même aller encore plus vite et plus fort que les pouvoirs publics et la communauté scientifique : plus d’un Français sur deux (55 %) pense qu’il faudrait l’ouvrir aux personnes de moins de 18 ans dès maintenant. Une proportion qui atteint même 66 % chez les plus de 55 ans.
  • L'enjeu de la vaccination des plus jeunes est crucial pour atteindre l'immunité collectives, estiment les spécialistes.

De plus en plus de Français veulent se faire vacciner contre le coronavirus, et vite. Alors que le Premier ministre a annoncé ce jeudi l’ouverture de la vaccination à tous les majeurs dès le 31 mai, soit deux semaines plus tôt que prévu, de nombreux Français n’ont pas attendu son feu vert pour franchir le pas. Selon notre sixième Baromètre de la santé YouGov pour 20 Minutes et Doctissimo*, 27 % d’entre eux déclarent avoir déjà essayé de se faire vacciner alors qu’ils n’étaient pas éligibles (et 19 % avec succès) et 37 % assuraient, avant l’annonce de jeudi, qu’ils allaient essayer de se faire vacciner avant la date prévue de l’élargissement de la vaccination. Une proportion qui atteint même 43 % chez les 18-24 ans, 44 % chez les 45-54 ans.

Si 73 % des sondés se disent aujourd’hui satisfaits de la stratégie consistant à vacciner en priorité les plus fragiles (+1,2 point par rapport à mars 2021), 54 % restent insatisfaits du rythme de la campagne de vaccination (-1,5 point). « Cette impatience est réelle, notamment chez les patients jeunes, confirme Matthieu Calafiore, médecin généraliste à Lille et maître de conférences associé de MG à l’université Lille 2. Elle s’explique d’une part par le souhait de ne pas tomber malade mais aussi par l’envie de pouvoir reprendre une vie sociale. Quand il a été question de pass sanitaire pour entrer dans certains pays ou faire certaines activités, les jeunes ont eu envie de se faire vacciner pour qu’on ne leur en refuse pas l’accès ». Selon notre baromètre, 59 % des Français sont d’ailleurs favorables au pass sanitaire (contre 35 % de défavorables) et la proportion atteint même 61 % chez les 18-24 ans.

Etendre la vaccination aux mineurs dès aujourd’hui

En matière de vaccination, les Français veulent même aller encore plus vite et plus fort que les pouvoirs publics et la communauté scientifique : plus d’un Français sur deux (55 %) pense qu’il faudrait l’ouvrir aux personnes de moins de 18 ans dès maintenant. Une proportion qui atteint même 66 % chez les plus de 55 ans.

Cet élargissement n’est toutefois pas pour demain. Pour Alain Fisher, professeur d’immunologie nommé par Jean Castex pour coordonner la stratégie vaccinale de la France contre la pandémie de Covid-19, les premiers adolescents pourraient avoir droit aux vaccins le mois prochain. « Les 16-18 vont être vaccinés assez vite […], courant juin cela sera faisable », a estimé le « Monsieur vaccin » du gouvernement ce vendredi sur BFMTV.

Interrogé à ce sujet lundi dernier sur le plateau de la chaîne d’information en continu, le ministre de la Santé s’était voulu plus prudent : « C’est pas tout de suite, mais c’est peut-être », a déclaré Olivier Véran. « C’est "pas tout de suite" parce que nous devons vacciner les adultes et qu’il nous reste encore un certain nombre de dizaines de millions de Français à vacciner, a-t-il détaillé. Et ensuite c’est "peut-être" parce que des autorités sanitaires estiment que ça pourrait être nécessaire, au moins en descendant jusqu’à l’âge de 12 ans ».

Essais cliniques en cours

Le président du conseil d’orientation stratégique de la vaccination, Alain Fischer, a estimé à plusieurs reprises qu’il faudrait sans doute vacciner les mineurs pour atteindre une couverture vaccinale suffisante pour espérer une immunité de groupe. « L’idée sera de vacciner la plus grande partie de la population possible, abonde Matthieu Calafiore. Ce qu’il nous faut maintenant c’est avoir les études scientifiques qui nous montrent l’efficacité et l’absence de nocivité du vaccin chez les enfants. Et surtout nous éclairent sur le dosage : est-ce qu’on fait le même dosage que chez les adultes, est-ce qu’on fait le même rappel, au même moment ? Il ne faut pas faire ça au doigt mouillé et il faut respecter les données de la science là-dessus. »

Actuellement, seuls certains adolescents de 16 à 18 ans, proches de personnes immunodéprimées ou qui relèvent des pathologies à haut risque de forme grave peuvent recevoir le vaccin de Pfizer. Des essais cliniques sont en cours pour vérifier la sécurité et l’efficacité des vaccins sur les enfants et les adolescents. Moderna bénéficie d’une autorisation à partir de 18 ans dans l’Union européenne, contre 16 ans pour Pfizer et BioNTech, et le régulateur européen a commencé lundi l’évaluation de leur demande d’extension aux 12-15 ans.

*L’enquête a été réalisée sur 1.004 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 19 au 20 mai 2021.

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« Une course contre la montre » pour éviter une quatrième vague

Alors que déconfinement vient d’aborder sa deuxième étape avec la réouverture des magasins, terrasses et lieux culturels, les Français affichent également leur optimisme sur la suite processus : selon notre dernier Baromètre de la santé YouGov pour 20 Minutes et Doctissimo, 6 Français sur 10 pensent que le calendrier de déconfinement prévu par le gouvernement pourra être tenu (60 %).

Pour le médecin généraliste Matthieu Calafiore, il est toutefois à craindre, qu’à l’approche des scrutins régionaux et départementaux des 20 et 27 juin, des considérations plus électoralistes que sanitaires expliquent l’absence de nouvelles mesures de freinage même en cas de rebond épidémique. « La situation sanitaire n’a rien à voir avec celle d’il y a un an où la circulation du virus était vraiment plus faible : avec un taux d’incidence qui est passé sous les 200 on reste quatre fois au-dessus du seuil d’alerte ! Mais je prends le pari qu’aucun parti politique ne prendra la décision de tout refermer alors qu’il y a une élection. Et ce qu’il faut craindre alors c’est plutôt une quatrième vague à la fin de l’été ou début de l’automne », déplore le médecin. « Ça va être une véritable course contre la montre : si on arrive à vacciner suffisamment vite et suffisamment fort on va se mettre à l’abri potentiellement d’une vague… sauf nouveau variant »