Déconfinement : Les forains mènent des opérations escargot partout en France pour réclamer la reprise de leur activité

TUT TUT Alors que les établissements culturels, magasins, cirques et cafés sont autorisés à reprendre leurs activités, les fêtes foraines en plein air sont toujours interdites

20 Minutes avec AFP
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Des forains ont mené mercredi 19 mai des opérations escargots dans toute la France pour réclamer la reprise de leur activité encore stoppée par l'épidémie de Covid. (Illustration)
Des forains ont mené mercredi 19 mai des opérations escargots dans toute la France pour réclamer la reprise de leur activité encore stoppée par l'épidémie de Covid. (Illustration) — FRED SCHEIBER/SIPA/

Des bouchons de la Bretagne à la Méditerranée en passant par le Nord. Ce mercredi, des ralentissements ont été enregistrés dans toute la France. La raison ? Des opérations escargots menées par des forains mécontents de ne toujours pas avoir de date de reprise de leur activité encore stoppée par l’épidémie de Covid-19. «  Les fêtes foraines sont paralysées depuis octobre dernier », a déploré Stéphane Dubief, de la Fédération des forains de France.

« Les fêtes foraines sont clairement menacées et pénalisées contrairement aux rues piétonnes des centres-villes », s’est émue la Fédération des forains de France, déçue que ses membres soient privés de réouverture contrairement aux établissements culturels, magasins, cirques et autres cafés autorisés à reprendre leurs activités mercredi​. « Ils ont laissé les cinémas et les théâtres (…) et nous qui sommes dehors à travailler, on ne peut pas », dénonce Eric Santamans, organisateur d’une opération escargot au péage de Toulouse Nord.

Des dizaines de kilomètres de bouchons

A la mi-journée, des dizaines de kilomètres de bouchons et de ralentissements étaient comptabilisés sur plusieurs autoroutes françaises, selon la société Vinci Autoroutes. Dans le nord de la France, sur l’autoroute A2, un convoi de forains au péage d’Hordain entraîne des perturbations sur 4 km dans le sens Bruxelles/Paris et sur 3 km en sens inverse selon la cellule de vigilance routière.

Sur l’autoroute A26, dans le sens Reims-Calais, les perturbations s’étalaient sur 5 km. « Nous avons entamé une opération escargot depuis le péage de Sète [Hérault] sur l'A9 jusqu’au port de commerce de Sète et Frontignan », a expliqué Stéphane Dubief. L’action est prévue jusqu’à 19 heures sur cet axe important du littoral méditerranéen, a-t-il ajouté.

Camions, barrage filtrant et piétons

Sur l'A10 au péage de Virsac, près de Bordeaux, les forains ont bloqué les deux sens de circulation, ne laissant passer les véhicules qu’au compte-gouttes. La préfecture indique qu’une « trentaine de camions et une soixantaine de personnes » ralentissaient la circulation de 7 heures à 10 heures. Les forains ont aussi installé un barrage filtrant sur le péage de Fresnes les Montauban sur l'A1 dans le sens Paris-Lille et causent un ralentissement localisé.

Ralentissements et blocages également dans le Grand-Est, où la préfecture de Moselle relevait un peu avant 11 heures 11 km de ralentissement sur l’A4 entre St-Avold et Metz et prévoyait de nouvelles difficultés vers 17 heures. En Bretagne, selon la gendarmerie, les forains ont mené une opération escargot avec 24 poids lourds sur la RN165 entre Quimper et Lorient.

Pas d’indemnisation pour certaines entreprises familiales

La Fédération des forains a expliqué avoir décidé de saisir à nouveau le Conseil d’Etat « pour faire respecter l’ordonnance du 25 janvier dernier qui était très claire, permettant aux entreprises foraines d’ouvrir dans les mêmes conditions que les activités culturelles, ce qui n’est pas le cas actuellement ! ».

De nombreux forains ont exprimé leur désespoir de voir leur activité économique interdite dans le cadre de la crise sanitaire. Beaucoup d’entre eux parmi les petites entreprises familiales travaillant habituellement de ville en ville ne figuraient pas au début de la crise dans les dispositifs d’indemnisation et se sont retrouvés dans des situations extrêmement difficiles.