Coronavirus : Rémi Salomon (AP-HP) entrevoit « trois ou quatre mois difficiles à passer »

EPIDEMIE « Si on vaccine beaucoup, on peut passer l’été sans quatrième vague », estime le président de la commission médicale des Hôpitaux de Paris

20 Minutes avec AFP

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Des soignants retournent un patient Covid-19 l'hôpital Delafontaine, a Saint-Denis, en mai 2021.
Des soignants retournent un patient Covid-19 l'hôpital Delafontaine, a Saint-Denis, en mai 2021. — Marin Driguez/SIPA

« On rentre dans une période de risques » : le président de la commission médicale des Hôpitaux de Paris, Rémi Salomon, a estimé jeudi qu’on abordait « une période de trois ou quatre mois difficiles à passer » en raison du relâchement progressif des mesures de restriction.

« On n’est pas à l’abri » d’un rebond de l’épidémie de Covid-19, a insisté Rémi Salomon, invité de BFMTV et RMC. « Le relâchement des mesures de restriction va avoir pour conséquence une recirculation du virus, tout va dépendre de l’ampleur de cette recirculation », a-t-il ajouté. « Si on vaccine beaucoup, on peut passer l’été sans quatrième vague », veut croire le médecin, qui s’exprimait pour la première fois sans masque sur un plateau de télévision. Rémi Salomon a rappelé que « les hôpitaux sont encore très saturés de patients Covid » malgré la baisse du nombre de cas positifs enregistrée quotidiennement en France. « En Île-de-France, on est à 120 % d’occupation des lits de réanimation », a-t-il précisé

Inciter les gens « à être dehors au maximum »

La réouverture des terrasses prévues le 19 mai sera « finalement bénéfique », a espéré le médecin, car « on se contamine très peu à l’extérieur ».  « Je fais une suggestion, c’est qu’à partir du soir on rende piétonnes les rues où il y a beaucoup de cafés », a proposé le Pr Salomon, afin de pouvoir mettre une certaine distance entre les tables. Il a également recommandé de conserver le masque même en extérieur et de le tomber seulement « pour boire ou manger ». « Compte tenu de ce que je vous ai dit, le couvre-feu à 21h n’est pas un problème, si on est dehors », a-t-il indiqué, souhaitant même le voir passer à 23h dès que possible – c’est prévu à partir du 9 juin – pour inciter les gens « à être dehors au maximum ».

Enfin, le pass sanitaire « permettra de sécuriser un peu quand les foules se retrouveront », a estimé le président de la commission médicale de l’AP-HP, qui juge « assez logique » de le rendre obligatoire lors des rassemblements importants.