Vaccination : La Haute autorité de santé maintient AstraZeneca pour les plus de 55 ans

EPIDEMIE Son utilisation n'est pas suspendu comme en Norvège ou au Danemark

20 Minutes avec AFP

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La Haute autorité de santé (HAS) maintient sa recommandation de restreindre l'utilisation du vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca aux personnes âgées de 55 ans et plus.
La Haute autorité de santé (HAS) maintient sa recommandation de restreindre l'utilisation du vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca aux personnes âgées de 55 ans et plus. — Vincent Thian/AP/SIPA

Malgré le risque très rare de graves thromboses atypiques, la Haute autorité de santé (HAS) « maintient sa recommandation de restreindre l’utilisation » du vaccin contre le Covid-19  d'AstraZeneca « aux personnes âgées de 55 ans et plus ». L’HAS avait été saisie par le ministre de la Santé Olivier Véran sur l’opportunité d’élargir l’utilisation de ce vaccin à l’ensemble des adultes.

L’autorité sanitaire « a réévalué » son avis de la mi-mars « à la lumière de nouvelles données sur la balance bénéfice/risque et des travaux du Comité scientifique temporaire » mis en place par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Ce comité, qui a présenté ses conclusions mercredi, a émis des réserves quant à l’administration du vaccin d’AstraZeneca « chez les plus jeunes au vu du risque de complication (…) et du bénéfice individuel attendu plus limité ».

Le rapport bénéfice/risque pas assez bon en dessous de 50 ans

« L’utilité incontestable du vaccin d’AstraZeneca pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 doit être mise en regard de chaque situation individuelle en prenant en compte le bénéfice à être vacciné et les risques d’effets indésirables, très rares mais graves », explique la HAS dans son avis.

Or un « point de basculement du rapport bénéfice/risque individuel » se produit « à partir de 50-55 ans », montrent des modélisations réalisées par l’Institut Pasteur « à partir de la situation épidémique française et de la disponibilité d’alternatives vaccinales (vaccins à ARNm) ». Au-delà de cet âge, « les risques de thromboses atypiques diminuent fortement tandis que les bénéfices associés à la protection vaccinale (hospitalisations, décès évités) commencent à croître de façon significative », ajoute l’autorité.

Son utilisation « reste indispensable »

En revanche, alors que la Norvège vient d’annoncer mercredi qu’elle renonçait totalement au vaccin d’AstraZeneca, suivant l’exemple du Danemark, la HAS « réaffirme » que son utilisation « reste indispensable dans le contexte actuel en France pour freiner la dynamique de l’épidémie, limiter le nombre de décès dus à la Covid-19 et prévenir la saturation des services hospitaliers ».

Concernant le vaccin Janssen, qui utilise la même technologie à adénovirus et est utilisé en France depuis fin avril, il n’y a pas encore « d’éléments suffisants pour recommander une modification des mesures conservatoires prises par le gouvernement », limitant son utilisation « aux plus de 55 ans », précise la HAS.