Coronavirus : Le rythme de vaccination va-t-il être ralenti par le pont de l’Ascension ?

EPIDEMIE Avec le jeudi de l’Ascension (mais aussi le lundi de Pentecôte), le rythme des injections pourrait être légèrement freiné

Oihana Gabriel

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Dans un centre de vaccination en France.
Dans un centre de vaccination en France. — SYSPEO
  • Le pont de l’Ascension, à la fin de cette semaine, peut ressembler à une lumière au bout du tunnel après des semaines d’interdictions de déplacements.
  • Mais avec la fermeture de plusieurs centres de vaccination et le départ pendant quatre jours de certains, le rythme de vaccination pourrait être freiné.

Un chiffre impressionnant : 617.000 injections. C’est, pour le moment, le record des vaccinations réalisées en 24 heures en France, le vendredi 7 mai. Un signe de plus que l’ accélération de la campagne vaccinale est une réalité. Et ce malgré les difficultés à écouler les doses d'AstraZeneca... 

Mais le pont de l’Ascension, du 13 au 16 mai, puis de la Pentecôte, du 22 au 24 mai, ne risquent-ils pas de freiner cette envolée ? Et donc de ralentir le rythme, alors que le gouvernement s’est fixé des objectifs ambitieux : 20 millions de primo-vaccinés mi-mai, et 30 millions mi-juin ?

Quatre jours de pont et moins d’injections

Quatre jours sans visio, sans école à la maison (l’Education nationale fait le pont) hors des quelques murs dont on commence à connaître la couleur… Après un troisième confinement souple, avec interdiction d’aller à plus de 10 km, depuis le lundi 3 mai, les Français ont à nouveau le droit de se déplacer. Las, cette année, le 8 mai est tombé un samedi. La tentation est donc particulièrement forte de profiter cette semaine du jeudi de l’Ascension pour partir quatre jours. Problème : certains centres de vaccination risquent aussi de prendre quelques jours off.

« Samedi prochain, on aura un centre sur deux ouvert, explique Matthieu Becamel, porte-parole de Maiia, l’une des plateformes partenaires du ministère de la Santé pour la prise de rendez-vous. Pour le dimanche, on serait à 20 %. Par comparaison, le 1er mai, jour férié également, il y avait eu 70 % d’ouverture et une forte mobilisation car on avait reçu énormément de vaccins. » Stanislas Niox-Château, patron de Doctolib, complétait cette information lors d’un point presse jeudi dernier : presque deux tiers des 2.200 centres de France s’annoncent fermés pour l’Ascension.

Mais Matthieu Becamel tient à rassurer : « On risque de perdre du temps, mais pas des doses. Et c’est déjà un peu le cas tous les week-ends. Il faut aussi que les soignants se reposent de temps en temps ! C’est compliqué de tourner à plein régime H24 pour ces centres. Chaque semaine en mai, on reçoit 2,7 millions de doses en tout de Pfizer et Moderna. Les soignants ont répondu présent. On a eu une hausse de 20 à 50 % de prise de rendez-vous selon les centres chaque mois. » Pourtant, Olivier Véran bat le rappel sur Twitter. Mettant même à contribution ses talents de vaccinateur : il sera en effet ce mardi soir au centre de vaccination de Montrouge pour donner l’exemple.

Deuxième problème : même si les soignants se mobilisent, les citoyens seront-ils au rendez-vous ? Car ces jours au vert vont forcément rimer avec des créneaux laissés ouverts. Selon Doctolib, « actuellement, les prévisions de rendez-vous sont de 209.000 créneaux pris pour le jeudi férié, de 337.000 le vendredi malgré le pont, et de 207.000 le samedi. Des projections identiques à celles de la semaine dernière, ce qui est encourageant. » On est tout de même loin des plus de 600.000 doses injectées vendredi dernier (traditionnellement le jour de la semaine le plus demandé)… Et le lundi de Pentecôte, cela risque de se répéter.

Un accès élargi justement au moment du pont

Mais deux nouveautés pourraient, cette semaine, permettre de garder le cap. Tout d’abord, depuis ce lundi, tous les plus de 50 ans​ (c’était jusqu’ici les plus de 55 ans) peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner. Surtout, pour qu’il n’y ait aucune dose de gâchée, dès ce mercredi 16h, tous les adultes volontaires pourront prendre rendez-vous pour le lendemain si un centre près de chez eux se retrouve avec des doses sur les bras. Une ouverture qui tombe à pic, justement pendant le week-end de l’Ascension.

« C’est la bonne combinaison : réserver les doses aux personnes les plus fragiles, mais ce qui n’est pas pourvu, on permet de les donner aux volontaires, se réjouit Matthieu Becamel. Les centres le faisaient déjà les soirs de semaine s’ils se retrouvaient avec des doses sur les bras, ils vaccinaient les populations qui en faisaient la demande. » Avec cette automatisation, cela sera fait à plus grande échelle. En sortant un peu du système D, qui privilégie celles et ceux qui ont les bons contacts… « Cela permet de donner à tous la même chance d’avoir accès au vaccin, reprend-il. Surtout, cela soulagera les centres qui faisaient les listings eux-mêmes. »

Contactée, la Direction générale de la santé (DGS) nous précise que d'autres mesures pour anticiper et compenser cette baisse ont également été prises : « davantage de rendez-vous sur toute la semaine, des horaires nocturnes en début de semaine notamment dans les zones de "départs", une ouverture des centres au moins au même niveau que tous les week-ends et des opérations spéciales de vaccination avec Janssen dans des stations balnéaires. »