Coronavirus : Selon une étude, la prise d'ibuprofène n'aggrave pas l'infection au Covid-19

MEDICAMENTS La crainte était apparue au début de la pandémie en mars 2020

Laure Gamaury

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(Photo d'illustration) Une étude assure ce samedi 8 mai que la prise d'ibuprofène n'aggrave pas les infections au Covid-19.
(Photo d'illustration) Une étude assure ce samedi 8 mai que la prise d'ibuprofène n'aggrave pas les infections au Covid-19. — JEAN AYISSI / AFP

Ouf ! Alors que l’affaire avait fait grand bruit à l’arrivée de l’épidémie en Europe, une étude publiée ce samedi prétend le contraire : prendre des médicaments anti-inflammatoires de la famille de l’ibuprofène n’augmente pas le risque de faire une forme grave de Covid-19 ni d’en mourir, contrairement à ce qu’on craignait au début de la pandémie.

Les AINS sont une famille de médicaments anti-inflammatoires largement utilisés par le grand public en cas de fièvre avec douleurs. Elle comprend notamment l’ibuprofène (substance active de médicaments très répandus, comme le Nurofen ou l’Advil) ou le kétoprofène. Des craintes sur les AINS avaient émergé au début de la pandémie de Covid. Elles étaient nourries par le fait que cette famille de médicaments est par ailleurs suspectée d’aggraver des infections, notamment bactériennes.

« La prise d’anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone…) pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection » au Covid, avait twitté en mars 2020 le ministre français de la Santé, Olivier Véran, en conseillant de privilégier le paracétamol en cas de fièvre. Dans la foulée, l’OMS avait recommandé aux personnes présentant des symptômes similaires à ceux du Covid de ne pas prendre de l’ibuprofène en automédication, sans prescription médicale

Une étude portant sur 72.000 patients

« L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) n’est pas associée à une augmentation de la mortalité ou de la gravité du Covid-19 », conclut cette vaste étude des autorités de santé britanniques, publiée dans la revue médicale The Lancet Rheumatology et portant sur 72.000 patients. « Nous avons maintenant une preuve nette que les AINS peuvent être utilisés en toute sécurité chez les patients qui ont le Covid-19 », a commenté l’auteur principal de l’étude, le Pr Ewen Harrison (université d’Edimbourg), cité dans un communiqué.

« Les AINS sont couramment utilisés à travers le monde dans de nombreuses situations, qui vont des douleurs bénignes au traitement de maladies chroniques », comme par exemple la polyarthrite rhumatoïde. « De nombreuses personnes comptent sur eux pour être capables de mener leurs activités quotidiennes », rappelle le chercheur.

Les auteurs de l’étude ont examiné les données de 72.000 malades du Covid admis dans 255 centre de soins d’Angleterre, d’Ecosse et du Pays de Galles entre janvier et août 2020. Parmi eux, 4.211 avaient pris des AINS (essentiellement de l’ibuprofène) avant leur hospitalisation. Selon l’étude, la proportion de décès était similaire chez les patients qui avaient pris des AINS et ceux qui n’en avaient pas pris (30,4 % et 31,3 %).

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