Coronavirus : La perte persistante de l'odorat liée à la présence durable du virus, selon une étude

ETUDE Les chercheurs ont découvert que le coronavirus infectait et se répliquait dans les neurones olfactifs, les cellules immunitaires et d’autres types de cellules de la muqueuse olfactive de certains patients qui ont perdu l’odorat

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un test PCR, dans le nez, à Paris le 31 août 2020.
Illustration d'un test PCR, dans le nez, à Paris le 31 août 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA

La perte de l’odorat, symptôme fréquent du Covid-19, peut durer plusieurs mois chez certains patients. Cette persistance est « attribuable » à la présence durable du virus et de l’inflammation dans la muqueuse olfactive, selon des chercheurs de l’Institut Pasteur. Leurs travaux effectués sur onze patients et sur des hamsters syriens dorés sont parus dans la revue Science Translational Medicine.

L’étude montre notamment que les tests classiques RT-PCR pratiqués à partir d’un prélèvement nasopharyngé à l’aide d’un long écouvillon peuvent se révéler négatifs alors même que le virus persiste au fond des cavités nasales, dans la muqueuse olfactive. Cette découverte démontre qu’un diagnostic du coronavirus par brossage nasal peut être envisagé pour compléter le prélèvement nasopharyngé chez les patients ayant une perte d’odorat, selon l’Institut Pasteur.

Le coronavirus infecte et se réplique dans les neurones olfactifs

Pour l’étude, les chercheurs ont analysé le neuroépithélium olfactif – une muqueuse spécialisée et sensible aux odeurs à l’intérieur de la cavité nasale – chez sept patients atteints de Covid-19 et qui ont signalé une perte d’odorat. Ils ont découvert que le coronavirus infectait et se répliquait dans les neurones olfactifs, les cellules immunitaires et d’autres types de cellules de la muqueuse olfactive, entraînant une inflammation et la mort de cellules.

Les chercheurs ont également repéré le matériel génétique du virus, l’ARN du SRAS-CoV-2, persistant chez quatre autres patients souffrant d’une perte d’odorat à long terme et qui n’avait pas été détecté par le test PCR classique à partir de prélèvements nasopharyngés. De plus, des hamsters infectés par le virus ont montré une présence virale dans la muqueuse olfactive et dans le cerveau, ainsi qu’une perte de goût et d’odeur.

Une porte d’entrée dans le cerveau ?

L’infection des neurones olfactifs de la muqueuse olfactive nasale « pourrait constituer une porte d’entrée dans le cerveau et expliquer pourquoi certains patients développent diverses manifestations cliniques, d’ordre psychologique (troubles de l’anxiété, dépression) ou neurologiques (déclin cognitif, susceptibilité à développer une maladie neurodégénérative), qui doivent faire l’objet de nouvelles études », relève ainsi l’Institut Pasteur dans un communiqué.

« Selon nos résultats, la perte de l’odorat dans la Covid-19 peut persister plusieurs mois chez certains patients, et cette persistance des signes cliniques est attribuable à la persistance du virus et de l’inflammation dans la muqueuse olfactive », commente Marc Lecuit (Pasteur, Inserm, AP-HP), co-auteur de l’étude. Par ailleurs, les chercheurs ne savent pas formellement si ces patients sont contagieux. « S’ils le sont, c’est sans doute au pire très faiblement. Des études sont en cours pour le déterminer », a indiqué Hervé Bourhy, également co-signataire de l’étude.