Coronavirus: En Inde, les décès ne cessent de grimper, « de nouvelles vagues » à prévoir

EPIDEMIE Les chiffres du ministère de la Santé font état de 3.980 décès quotidiens

20 Minutes avec AFP

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Des corps de victimes du Covid-19 brûlés en Inde.
Des corps de victimes du Covid-19 brûlés en Inde. — Aijaz Rahi/AP/SIPA

L'Inde a annoncé ce jeudi un record de près de 4.000 décès dus au Covid-19 et 412.000 nouvelles contaminations en 24 heures, tandis que les autorités préviennent que le pays doit se préparer à affronter « de nouvelles vagues ».

Les chiffres du ministère de la Santé font état de 3.980 décès et de 412.262 cas quotidiens, portant à 230.168 morts et 21,1 millions de contaminations les chiffres recensés au total en Inde depuis le début de la pandémie. Certains experts les estiment largement sous-évalués.

Le pire à venir ?

Ce nouveau record fait suite à plusieurs jours de baisse du nombre de cas qui avait encouragé l’espoir de voir s’atténuer la flambée enregistrée depuis fin mars. Après un sommet de 402.000 contaminations quotidiennes vendredi dernier, il a légèrement reculé à 357.000 avant de repartir mardi à la hausse.

Selon les spécialistes, le pire serait encore à venir pour ce pays de 1,3 milliard d’habitants, avec un pic épidémique qui pourrait n’être atteint que d’ici plusieurs semaines.

Un « troisième épisode inévitable »

K. Vijay Raghavan, principal conseiller scientifique du gouvernement indien, a averti mercredi soir qu’un « 3e épisode était inévitable étant donné les niveaux élevés » de contaminations actuels.

« Mais on ne sait pas exactement à quel moment ce troisième épisode se produira. Nous devons nous préparer à de nouvelles vagues », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Toujours pas de confinement national

Pourtant le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi se refuse à ordonner un confinement généralisé. Plusieurs régions, dont la capitale New Delhi ainsi que les Etats du Bihar et du Maharashtra, se sont d’elles-mêmes confinées.

Sa gestion de la crise sanitaire vaut au gouvernement de plus en plus de critiques, y compris devant les tribunaux, au regard de la situation dramatique à laquelle le secteur de la santé, vétuste et sous-financé, est confronté avec des malades en détresse respiratoire agonisant aux portes d’hôpitaux saturés, à court d’oxygène et de denrées médicales essentielles.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, onze personnes ont perdu la vie dans un hôpital près de la ville de Chennai (l’ancienne Madras), dans le Sud du pays, en raison d’une chute de pression dans les canalisations d’oxygène, a rapporté ce jeudi le quotidien Times of India.

« Les admissions sont suspendues pour une durée indéterminée », faute d’approvisionnement en oxygène, a déclaré sur Twitter Devlina Chakravarty, directrice générale de l’hôpital Artemis à Gurgaon, près de New Delhi.

Politiciens dans des « tours d’ivoire »

Le gouvernement de Delhi a déclaré avoir besoin de 700 tonnes d’oxygène par jour pour ses hôpitaux, mais la Cour suprême a appris mercredi qu’à peine 585 tonnes seraient déployées. Confrontés à la menace d’une procédure d’outrage au tribunal, les avocats du gouvernement central ont argué que Delhi n’avait besoin que de 415 tonnes.

La Cour a donné au gouvernement jusqu’à ce jeudi matin pour présenter un plan d’envoi d’approvisionnement supplémentaire. La Haute Cour de Delhi a accusé les hommes politiques et les fonctionnaires du gouvernement de « vivre dans des tours d’ivoire ».