Nice : Au CHU, une ceinture antimoustique protège les patients déjà fragiles « d’autres maladies infectieuses »

MALADIES Le dispositif de 66 balises a été installé autour de l’hôpital l’Archet 1 à l’été 2018

Elise Martin

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Le professeur Mounier du CHU l'Archet Nice est ravi du dispositif antimoutisque installé depuis l'été 2018
Le professeur Mounier du CHU l'Archet Nice est ravi du dispositif antimoutisque installé depuis l'été 2018 — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • L’hôpital l’Archet 1 abrite notamment l’unité d’hémato-oncologie et un service des maladies infectieuses.
  • Le système de protection antimoustique est primordial pour le service du Professeur Mounier dont des patients malades de cancers « n’ont plus aucune immunité et pour qui une piqûre de moustique peut être très grave ».
  • Malgré la diminution des flux aériens, les cas importés de dengue, notamment transmise par le moustique tigre, sont les mêmes que les années précédentes dans la région Paca.

Avant l’apparition du Covid-19, une autre menace rôdait chaque année sur la Côte d’Azur à l’approche de l’été : le moustique tigre, vecteur de maladies contagieuses comme la dengue, le chikungunya ou Zika. Mais un souci que le CHU l’Archet de Nice n’a plus à régler.

En 2018, l’hôpital, qui abrite notamment l’unité d’hémato-oncologie et un service des maladies infectieuses, a été le premier établissement de santé protégé par Biobelt, un dispositif de pièges en réseaux qui crée une barrière antimoustique sur une grande surface. « C’était un enjeu majeur pour nous, indique le Professeur Mounier, chef du pôle clinique universitaire des spécialités médicales de l’Archet. On a des patients malades de cancers, très fragiles, qui n’ont plus aucune immunité, et pour qui une piqûre de moustique peut être très grave. Avec ce système, on réduit les risques de contaminations d’autres maladies infectieuses. »

Un système universel contre toutes les espèces de moustiques

Depuis presque trois ans, de mai à novembre, la Biobelt diffuse, à l’aide de 66 modules placés autour du CHU, du CO2 et des acides pour tromper les insectes piqueurs et les attirer vers les boîtiers où ils se retrouvent piégés.

Tout autour du CHU l'Archet de Nice, 66 modules-pièges ont été disposés pour créer une barrière antimoustique
Tout autour du CHU l'Archet de Nice, 66 modules-pièges ont été disposés pour créer une barrière antimoustique - E. Martin / ANP / 20 Minutes

Un dispositif dont le Professeur Mounier est très satisfait. « L’établissement se situe près d’un vallon très végétalisé et nous étions infestés chaque année. On est maintenant bien protégé. Le seul ennui auquel nous faisons encore face, ce sont les moustiques qui se glissent dans les vêtements et s’introduisent dans l’hôpital de cette manière. »

Un problème que pourra bientôt résoudre la société de Dominique Hauptmann, le concepteur de Biobelt. Elle travaille actuellement avec un laboratoire pour « améliorer les leurres et diffuser des éléments plus efficaces ». « Cet insecte est très têtu, d’où la difficulté d’arriver à un résultat totalement parfait », avoue le dirigeant de l’entreprise. Il affirme tout de même que la ceinture de protection est universelle et fonctionne avec toutes les espèces de moustiques, « ceux des zones tropicales comme ceux porteurs du parasite Zika ».

Moins de vols mais autant de cas importés

Cependant, la Biobelt n’est pas partout et n’empêche pas certains voyageurs azuréens d’attraper des maladies infectieuses transmises par les moustiques. Comme le précise l’ARS, en 2020, il y a eu plus d’une centaine de cas importés de dengue, c’est autant que les autres années malgré la diminution des flux aériens due à la crise sanitaire. Aucun cas Zika n’a été signalé et un seul de chikungunya.

Elle ajoute que dans la région, dix cas autochtones de dengue ont été enregistrés. « On parle de cas autochtone quand une personne a contracté la maladie sur le territoire national et n’a pas voyagé en zone contaminée dans les quinze jours précédents la date d’apparition de ses symptômes », précise l’ARS.

Pour le Professeur Mounier, c’est « le réchauffement climatique qui permet aux moustiques de résister à l’hiver et de créer le caractère autochtone aux maladies qu’ils transmettent ».