Coronavirus à Nice : Un dispositif pour permettre aux malades « Covid long » de « récupérer une meilleure qualité de vie »

EPIDEMIE Le programme, organisé sur douze semaines, est gratuit pour les Niçois

Elise Martin

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Aurélien Lazzaro, référent du dispositif, adapte ses séances d'activité physique à chaque patient Covid long
Aurélien Lazzaro, référent du dispositif, adapte ses séances d'activité physique à chaque patient Covid long — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • La ville de Nice propose un programme de suivi d’activités physiques, psychologique et aussi diététique, dédié aux malades « Covid long ».
  • Les séances ont lieu au Centre Animanice Gorbella, au Centre Animanice Constanzo et au parc des sports Charles Ehrmann pour proposer « un service de proximité ».
  • Chaque créneau peut accueillir six personnes, tout est nettoyé et désinfecté avant et après les exercices.

« On contracte les abdominaux et on vient doucement glisser le bras le long de la cuisse, lance Aurélien Lazzaro, référent du dispositif Acti’Santé de la ville de Nice. On répète ce mouvement dix fois de chaque côté ». Depuis deux semaines, le programme « Covid long » a été lancé pour les malades niçois du Covid-19 qui souffrent encore de symptômes liés à la maladie.

Douze séances d’activité sportive en présentiel sont proposées en plus d’un accompagnement diététique et psychologique. « On commence par un test physique pour cibler au mieux les besoins et les envies de chacun », précise Charlène Falzon, coordinatrice du programme.

Des séances adaptées pour chacun

Après le test, le programme commence par une séance de renforcement musculaire que le coach a adapté en fonction des personnes présentes car « chacune vit sa vie post-coronavirus différemment ». Il développe : « Il faut faire du sport avec des séquelles d’une nouvelle maladie. Pour cela, on s’est inspiré de celles qui lui ressemblaient, notamment au niveau des problèmes respiratoires ou liées à la fatigue. On fait aussi beaucoup de veille scientifique et on collabore avec des médecins pour appliquer leurs recommandations aux exercices. C’est ça aussi la particularité de notre métier, on fait attention au bien-être de tous. »

A la fin de cet accompagnement, le but est que les patients continuent de pratiquer en autonomie. Le dispositif est alors complété par des séances en visioconférence et des capsules vidéos d’une vingtaine de minutes à réaliser chez soi. Pour Aurélien Lazzaro, l’activité physique est le « traitement principal pour retrouver une meilleure vie et renforcer son immunité contre la maladie ».

Un avis partagé par Josiane Baudinetto et Martine Folton, 70 et 71 ans. « Après avoir eu le Covid-19 et s’être enfermé, j’avais besoin de me dépenser, affirme Martine Folton. Ça fait vraiment du bien. En plus, c’est aussi une façon d’avoir du lien social ». Josiane Baudinetto ajoute : « On a presque l’impression d’avoir un cours particulier ».

10 % des patients Covid souffrent encore de symptômes trois mois après

Depuis septembre, Barbara Prot, conseillère municipale chargée de la prévention santé et de l’éducation à la santé, travaille pour la mise en place de ces séances. « On s’est aperçu que 25 % des personnes qui ont eu le Covid-19 avaient encore des symptômes quatre semaines après et 10 %, trois mois après. On a alors voulu proposer un accompagnement à ces patients pour qu’ils retrouvent une meilleure qualité de vie », précise-t-elle.

« C’est vraiment bon à prendre, lâche Lara, 48 ans, une soignante qui a attrapé le virus fin janvier. Depuis deux mois, je fais de la rééducation cardiorespiratoire avec un kinésithérapeute mais je me sens complètement détruite. J’ai perdu cinq kilos, surtout de la masse musculaire. Mais c’est surtout moralement que c’est atroce. Et le pire, c’est que je ne peux même pas m’énerver parce que mon cœur ne supporte pas et je m’essouffle. Je compte beaucoup sur ce dispositif pour faire avancer mon état et pour que je réapprenne à aimer mon corps ».

Au-delà de la forme physique, le service complète l’offre avec une séance avec un ou une diététicienne et une séance avec un ou une psychologue. La coordinatrice détaille : « A cause de la perte de l’odorat et du goût, certaines personnes ont besoin de réapprendre à s’alimenter correctement. Par exemple, on peut saler davantage pour retrouver les saveurs d’un aliment mais entraîner de l’hyper tension artérielle. Le dispositif accompagne dans toutes ces étapes ».

Un programme que la ville prolongera « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de Covid », précise la conseillère municipale. Pour les inscriptions, les demandes se font par mail à sportsante@ville-nice.fr ou par téléphone au 06.13.05.35.73. Une prescription médicale est requise et « c’est gratuit pour tous les Niçois ».