Coronavirus : Pfizer prépare une version « été » de son vaccin plus facile à conserver

EPIDEMIE Le patron du laboratoire s’est aussi exprimé sur son prix et son efficacité face aux variants

Marie De Fournas
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Des employés travaillent à la société pharmaceutique Pfizer lors d'une visite officielle de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Puurs, en Belgique, le vendredi 23 avril 2021.
Des employés travaillent à la société pharmaceutique Pfizer lors d'une visite officielle de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Puurs, en Belgique, le vendredi 23 avril 2021. — John Thys/AP/SIPA

Comme pour la mode, le vaccin a sa collection été. Le laboratoire Pfizer a annoncé qu’il préparait « pour l’été » une version de son vaccin anti-Covid, déjà diluée et pouvant se conserver des mois à la température d’un réfrigérateur classique, afin d’en faciliter l’utilisation. Actuellement le vaccin doit être conservé à -70 degrés.

« Nous essayons de voir si nous pouvons prolonger sa durée de réfrigération pendant laquelle vous pouvez retirer le vaccin d’un super-congélateur à -70 degrés et le placer dans un congélateur "classique" à -20 degrés. C’est actuellement de deux semaines, mais nous étudions les données pour voir si on peut l’étendre à un mois sous réserve d’un feu vert réglementaire, a expliqué Albert Bourla, le patron du géant pharmaceutique américain. Par ailleurs, nous travaillons à une autre formule, très améliorée, où le vaccin serait fourni déjà dilué, prêt à l’emploi. Il pourrait être stocké deux à trois mois en réfrigérateur, de deux à huit degrés, en plus de deux-trois mois en congélateur classique. Nous pensons pouvoir en disposer cet été. »

« Optimiste » sur la capacité du sérum à contrer le variant indien

Concernant l’efficacité du vaccin Pfizer face aux différents variants, le PDG du groupe a assuré qu’il était efficace à 97 % contre le variant britannique, à 100 % contre le variant sud-africain. Concernant le variant brésilien, il assure que « des données du Brésil montrent qu’il permet de contrôler très bien ».

« Sur le nouveau variant d’Inde, nous n’avons pas de données, mais je suis optimiste sur notre capacité à le contrôler. Nous avons développé un processus permettant que, dès qu’un variant est source d’inquiétudes, nous soyons capables d’avoir un vaccin efficace en 100 jours, et je suis à l’aise avec cet objectif exigeant, en raison de l'efficacité de la technologie de l'ARN messager », poursuit-il.

« Proposer une tarification permettant un accès équitable »

Albert Bourla a également expliqué que le laboratoire Pfizer espérait finaliser dans les prochains jours, un nouveau contrat avec l'UE (pour 1,8 milliard de doses). « Si nous le décrochons, nous serons capables de produire toutes les doses ici en Europe, y compris les composants. Et nous serons capables d’y produire bien davantage que les volumes de ce contrat ! », a-t-il affirmé.

Enfin, le patron de Pfizer a défendu le prix de son vaccin, l’un des plus chers du marché et qui pourrait encore augmenter en Europe. « Notre stratégie est de proposer une tarification permettant un accès équitable à tous. Equitable, cela ne signifie pas un même prix pour tous, cela signifie donner davantage à ceux qui en ont besoin. Ainsi, nous avons une gamme premium de prix pour les pays à hauts revenus -Europe, Etats-Unis, Japon, Canada…-, mais le prix le plus élevé correspond à l’addition d’un repas, ce qui reste très, très raisonnable. Pour les pays à revenu intermédiaire, selon la Banque mondiale, nous diminuons le prix de moitié. Et pour les pays à faibles revenus, nous leur fournissons bien sûr à prix coûtant, de sorte que la vaccination atteigne tous les coins du globe ».