Coronavirus : La consommation de vin dans le monde a moins reculé que redouté en 2020

HIPS ! En octobre, l’Organisation internationale de la vigne et du vin anticipait pourtant une baisse des ventes mondiales de vin d’environ 10 % 

20 Minutes avec AFP

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La consommation mondiale de vin a finalement moins baissé que les estimations des professionnels du secteur sur l'année 2020.
La consommation mondiale de vin a finalement moins baissé que les estimations des professionnels du secteur sur l'année 2020. — congerdesign / Pixabay

Les meubles sont sauvés. Mardi, l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a annoncé que la consommation mondiale de  vin avait baissé de 3 % en volume en 2020. Un recul significatif mais moindre que celui redouté par les professionnels du secteur au regard de l’ampleur de la crise du Covid-19.

En octobre, l’OIV avait anticipé une baisse des ventes mondiales de vin d’environ 10 % pour 2020. Et pour cause. Cette année a été marquée par les confinements et les fermetures des cafés, hôtels et restaurants (CHR) mais aussi par les «taxes Trump» sur certains vins européens et les taxes chinoises sur les vins australiens. Finalement cette baisse est aujourd'hui estimée à 234 millions d’hectolitres, soit 7 millions d’hectolitres de moins sur un an, comme lors de la crise financière de 2008-2009, a indiqué l’organisation basée à Paris. C’est la plus faible consommation de vin depuis 2002.

La consommation dans les bars et les restaurants s’est « reportée »

« C’était une vision un peu trop négative », reconnaît Pau Roca, directeur général de l’OIV. « La hausse des ventes de vin en supermarché a assez bien compensé » la fermeture des CHR, explique-t-il. « Le Covid-19 a occasionné toutes sortes de transferts », relève-t-il. Déjà « entre les canaux de distribution, la consommation dans les bars et les restaurants s’étant reportée » sur les ventes dans la grande distribution et en ligne. « Transferts » entre les pays ensuite : les destinations touristiques ont été affectées par l’absence de visiteurs, qui ont de ce fait bu du vin chez eux.

Transferts enfin entre vins premium et vins bon marché. Le Champagne a été particulièrement pénalisé par les restrictions sanitaires. A l’inverse, le vin vendu en emballage carton a eu le vent en poupe.

La consommation est restée inchangée en France

La stabilité de la consommation de vin dans l’Union européenne (48 % du marché) en 2020 cache de fortes variations selon les pays. La consommation est restée inchangée en France mais a bondi en Italie de 7,5 % par rapport à 2019, à son plus haut niveau sur la décennie. Stable en Allemagne, elle a chuté de 6,8 % en Espagne. Elle a augmenté de 2,2 % au Royaume-Uni, est restée stable aux Etats-Unis et a baissé de 6 % au Canada.

En Chine, où a démarré l’épidémie, la chute est de 17,4 %, note l’OIV qui recommande d’interpréter ce chiffre « avec prudence », en raison des révisions régulières des données par le Bureau des statistiques chinois. En Argentine, la consommation de vin a progressé de 6,5 % et elle a bondi de 18,4 % au Brésil. En revanche, elle a chuté de plus de 19 % en Afrique du Sud, à son plus bas niveau depuis vingt ans. Les ventes d’alcool ont été interdites pendant de longs mois dans ce pays pour éviter d’encombrer davantage les hôpitaux sous forte tension du fait du Covid-19.