Coronavirus : Dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs centres vaccinent déjà les profs sans condition

VACCINATION Alors que Jean Castex appelle à réserver des créneaux de vaccinations pour les enseignants de plus de 55 ans, certains centres des Bouches-du-Rhône ouvrent déjà leurs portes aux profs, sans condition

Mathilde Ceilles

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Une personne se fait vacciner contre le coronavirus, ici à Marseille
Une personne se fait vacciner contre le coronavirus, ici à Marseille — Christophe Simon / AFP
  • Ce jeudi, le Premier ministre a annoncé l’ouverture de créneaux réservés aux enseignants de plus de 55 ans pour se faire vacciner.
  • Dans les Bouches-du-Rhône, certains centres de vaccination avaient déjà discrètement ouvert des créneaux pour les enseignants volontaires, sans condition.
  • Des initiatives désapprouvées par l’ARS, dans la mesure où les enseignants ne sont pas considérés comme public prioritaire.

L’information circule entre professeurs​, par message, sur les boucles Whatsapp ou sur les comptes spécialisés. Alors que le Premier ministre a annoncé ce jeudi l’ouverture de créneaux de vaccination dédiés aux enseignants de plus de 55 ans ce week-end, dans les Bouches du-Rhône, des centres de vaccination ont d’ores et déjà ouvert discrètement leurs portes aux profs depuis plusieurs jours, sans condition.

« Bonjour les collègues du 13, les enseignants du bassin salonais peuvent se faire vacciner sans condition d’âge et sachez qu’à Miramas, on vaccine tous les enseignants avec justificatif professionnel, sans condition de logement à proximité », peut-on ainsi lire sur les réseaux sociaux. Et il suffit en effet d’un simple coup de téléphone à ces centres pour pouvoir obtenir, sans aucune condition d’âge, de comorbidité ou de surplus de dose, un rendez-vous dans une dizaine de jours. « Il faut juste venir avec votre carte d’identité et votre carte professionnelle », indique-t-on au bout du fil.

« Bouche-à-oreille »

« Pour être vacciné, dans les Bouches-du-Rhône, il faut bénéficier du bouche-à-oreille d’initiatives heureuses, confirme Jean-François Negri, enseignant d’histoire-géographie et représentant syndical Sud Education 13. Nous avons eu l’information selon laquelle certains centres, dans les vaccins qu’ils ont, prennent en compte les enseignants, avec des créneaux et des doses réservées aux enseignants. »

A Marseille, la semaine dernière, comme l’a révélé RTL, la clinique privée marseillaise Clairval avait ouvert ses créneaux aux enseignants, immédiatement pris d’assaut. « Ils ont depuis arrêté depuis la diffusion du reportage, car ils se sont fait taper sur les doigts par l’Agence régionale de santé », regrette Jean-François Negri.

Un « reste de vaccins »

L’initiative a en effet le don d’agacer Philippe de Mester, le directeur régional de l’ARS de la région Paca. Interrogé par 20 Minutes sur le sujet ce jeudi, ce dernier reconnaît dans un premier temps ne pas être au courant. « Ce n’est pas permis de faire comme ça, tempête-t-il. Il faut faire les choses dans les clous ! Les doses doivent être utilisées selon la cible vaccinale prédéfinie. »

Dans les autres centres de vaccination, on affirme ne réserver ces doses aux enseignants qu’en cas de désistement. « Le maire rappelle que nous respectons les règles au centre de vaccination, se défend-on dans l’entourage de Frédéric Vigouroux, maire socialiste de Miramas. Seulement, nous utilisons le reste de vaccins quand les personnes ne sont pas là à leur rendez-vous. Les personnels de l’enseignement ont bénéficié comme d’autres de ce qui nous paraît une saine gestion de la vaccination. »

« Manque de transparence »

« J’ai lu que Nice et Cannes commençaient à vacciner des enseignants, et on a fait tout un pataquès autour de ça, lance Nicolas Isnard, maire LR de Salon-de-Provence. Mais nous, on le faisait aussi depuis quelque temps ! Tous les centres de vaccinations prennent leurs libertés. Nous assumons nos choix. Nous cherchons à massifier la vaccination tout en évitant le gaspillage. Quand il nous reste des doses, nous appelons les personnels volontaires que nous avons recensés au préalable. »

« Pour se faire vacciner quand on est enseignant de moins de 55 ans, il faut toquer à droite, à gauche, regrette Jean-François Negri. L’information n’est pas claire, et surtout, tout cela manque de transparence. Plein d’endroits ouvrent ponctuellement aux enseignants, avant de se faire taper sur les doigts. Nous réclamons tout simplement que ces initiatives soient validées par l’ARS. »

Dans une lettre adressée au préfet des Bouches-du-Rhône, le syndicat enseignant appelle ainsi Christophe Mirmande à « ouvrir la vaccination aux personnels d’éducation du département ». En attendant, selon nos informations, le vaccinodrome de Coudoux, initié par le conseil départemental, ouvrira exceptionnellement ses portes ce dimanche, et pourra vacciner sans rendez-vous jusqu’à 1.300 enseignants et forces de l’ordre de plus de 55 ans, comme l’a exigé Jean Castex.