Coronavirus : Faut-il imposer une quatorzaine aux passagers en provenance du Brésil ?

POLEMIQUE Plusieurs médecins avancent sur Twitter qu'il faudrait imposer une quatorzaine aux passagers en provenance du Brésil, pays qui connaît une hécatombe depuis des semaines avec le variant P1

O. G.

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Jean-Baptiste Djebbari avec des policiers lors d'un déplacement à Roissy en février 2021.
Jean-Baptiste Djebbari avec des policiers lors d'un déplacement à Roissy en février 2021. — Jacques Witt/SIPA

Faut-il davantage serrer la vis ? Certains médecins estiment que les mesures de précautions pour éviter que le variant brésilien ne se diffuse en France sont insuffisantes. Le variant brésilien, dit P1, serait responsable d’une nouvelle vague terrible au Brésil. Avec plus de 320.000 morts du Covid-19 en un an, le troisième pays le plus endeuillé du monde derrière les Etats-Unis et l'Inde a connu un mois de mars particulièrement meurtrier.

Pour le moment, ce variant, plus contagieux encore que le variant britannique, circule très peu en France. Mais pour combien de temps ?

Aujourd’hui, les vols entre le Brésil et la France ne sont pas suspendus. En revanche, toutes les personnes de plus de 11 ans qui arrivent sur notre sol doivent, d’une part, avoir un motif imprérieux de déplacement, d’autre part présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures. Enfin, elles s’engagent à s’isoler pendant sept jours. Période à l’issue de laquelle elles doivent refaire un test. Depuis ce lundi, les contrôles sont renforcés à l’arrivée à Roissy et des tests antigéniques sont imposés aux voyageurs en provenance du Brésil.

« Seul un isolement contrôlé de 14 jours est sûr »

« Le test PCR avant le départ ou le test antigénique à l’arrivée en France ne suffisent pas. Si la contamination à lieu dans les 3-4 jours précédant le voyage, ces tests ont toutes les chances d’être négatifs. Seul un isolement contrôlé de 14 jours (quarantaine) est sûr », a tweeté Rémi Salomon. Même son de cloche chez le chercheur en immunologie Eric Billy  et le médecin de La Pitié-Salpêtrière  Gilbert Deray. « Il y a toutes les raisons d’être inquiet, s’il vient et prend de l’ampleur en Europe, il peut faire une quatrième vague qui peut être très meurtrière », tweete ce dernier.

Pour eux, le problème, c’est que la quarantaine actuelle est trop courte et qu’elle n’est pas contrôlée. Et les médecins de rappeler que nos voisins ont pris plus de précautions. En effet, la Grande-Bretagne impose une quarantaine de dix jours à tous les passagers en provenance du Brésil, de son côté le Portugal a suspendu ses vols avec le pays. 

Cette nouvelle polémique née sur Twitter a poussé le gouvernement à réagir. Dimanche 11 avril, Clément Beaune, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, tente de rassurer dans « le Grand Jury » sur les mesures très sérieuses déjà prises : « Il y a très peu d'arrivées : d'habitude vous avez près de 50.000 personnes qui arrivent du Brésil, on est à 1.000 par semaine aujourd'hui. On a été très sérieux sur la fermeture des frontières ».

Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari a complété au micro de LCI lundi matin que si ces vols sont maintenus, c’est à cause d’une obligation du Conseil d'État. Ainsi, ces lignes restent fonctionnelles « parce que c’est imposé par le droit ».