Coronavirus en Belgique : Des experts suggèrent un label « Covid safe » pour les lieux publics

STRATEGIE Restaurants, bars, salles de spectacle espèrent, après six mois de fermeture, rouvrir au printemps

20 Minutes avec AFP

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Manifestation des secteurs de l'Horeca (hôtels, restaurants, cafés) contre les fermeture à Namur en Belgique le 25 février 2021.
Manifestation des secteurs de l'Horeca (hôtels, restaurants, cafés) contre les fermeture à Namur en Belgique le 25 février 2021. — /SIPA

Comment ménager sécurité sanitaire et urgence économique ? L'objectif «Zéro Covid»​ étant pour l’instant hors de portée dans les lieux publics clos, des experts belges suggèrent de mettre en place des dispositifs de sécurité (désinfection, ventilation des locaux) sous le contrôle des pouvoirs publics pour rouvrir les cafés, restaurants et salles de spectacle.

Vu « l’exaspération » dans ces secteurs privés d'activité depuis près de six mois, « il est temps d’adapter notre stratégie », écrivent dans une tribune au quotidien Le Soir trois experts parmi les plus écoutés du pays dans cette crise sanitaire.

Des protocoles stricts

Leur postulat : les restrictions risquent d’être de moins en moins respectées dans les semaines à venir, y compris par certains commerçants, et la logique d’une réglementation secteur par secteur suscite des frictions entre eux, ainsi qu'« un marchandage politique permanent et délétère pour la confiance dans le bien-fondé des mesures ».

Une solution serait de contraindre les exploitants de cafés, restaurants, théâtres ou cinémas à prévoir un certain nombre de dispositifs anti-Covid, qui seraient comparables à la « sécurité incendie » avec laquelle « il n’y a pas lieu de transiger », poursuivent le chercheur en épidémiologie Marius Gilbert et les infectiologues Leïla Belkhir et Nathan Clumeck.

« Dispositifs de ventilation, de désinfection de l’air, filtres EPA, détecteurs CO2, protocoles de circulation : tous ces moyens existent et devraient être mobilisés pour contribuer à faire de nos lieux publics des endroits où la transmission peut être réduite à un risque résiduel parfaitement acceptable, quitte à les compléter par des protocoles additionnels comme le port du masque ou l’utilisation de tests pendant des périodes sensibles », ajoutent-ils.

Selon eux, « les communes pourraient être investies de la responsabilité de conseiller, soutenir et vérifier la conformité "covid safe" des lieux publics » et « la même démarche devrait être entreprise dans les entreprises publiques ou privées », « avec un soutien financier éventuel de l’Etat ».

Nouvelles restrictions depuis fin mars

« Il est probablement nettement moins coûteux pour les dépenses publiques de soutenir ces investissements que de payer des subsides pour fermeture ou chômage partiel des activités dites non essentielles auxquelles de nouvelles résurgences épidémiques pourraient nous exposer », argumentent les experts.

La Belgique, pays de 11,5 millions d’habitants où la pandémie a fait plus de 23.000 morts, a connu fin mars un nouveau tour de vis dans les restrictions pour endiguer la troisième vague. Les coiffeurs ont dû de nouveau baisser le rideau et les écoles ont été fermées une semaine avant les congés de Pâques (qui s’achèvent le 18 avril).

Fermés depuis près de six mois les lieux de spectacle et les cafés et restaurants (l’horeca en Belgique) exigent des perspectives de réouverture pour le printemps. Une réunion autour du Premier ministre Alexander De Croo est prévue mercredi.