Coronavirus à Toulouse : Retour de la bronchiolite et de la gastro, signes d’un « laisser-aller » sur les gestes barrières

COME BACK La cheffe des urgences pédiatriques du CHU de Toulouse appelle à un retour des gestes barrières pour éviter de démultiplier les épidémies

Béatrice Colin

— 

Les urgences de l'hôpital des enfants du CHU Purpan.
Les urgences de l'hôpital des enfants du CHU Purpan. — B. Colin / 20 Minutes
  • Syndromes hivernaux, la bronchiolite et la gastro-entérite connaissent des pics épidémiques en ce début de printemps, avec de nombreux passages aux urgences et hospitalisations.
  • Pour la cheffe des urgences pédiatriques du CHU de Toulouse, le décalage de ces infections virales très contagieuses est un signe de relâchement au niveau des gestes barrières.

Depuis plusieurs jours, les urgences pédiatriques du CHU de Toulouse sont sur le pont pour une épidémie dont ses responsables se passeraient bien. Certes, le nombre d’enfants touchés par le Covid-19 a augmenté, avec désormais un à deux cas par jour quand il y a encore quelque temps ils étaient d’un à deux par semaine. Mais ce n’est pas le coronavirus qui sature ce service. Il s"agit de deux épidémies à retardement : la bronchiolite du nourrisson et la gastro-entérite.

Pic épidémique en France

Deux syndromes hivernaux qui connaissent un pic épidémique en ce début de printemps, avec plus d’une trentaine de passages quotidiens aux urgences de Purpan. Un phénomène qui n’est pas uniquement toulousain. Dans son dernier bulletin « bronchiolite » publié jeudi, Santé publique France souligne que l’ensemble des régions métropolitaines sont passées en phase épidémique et que les indicateurs restent en hausse. Ce qui s’est traduit la semaine dernière par 953 hospitalisations sur les 2.433 enfants de moins de deux ans passés par des services d’urgence.

Pour le professeur Isabelle Claudet, cheffe des urgences pédiatriques de Toulouse, cette recrudescence des infections virales aiguës des bronchioles chez les bébés et de gastro-entérites « est le reflet d’un relâchement au niveau des gestes barrières ». En général, ces syndromes très contagieux par contacts directs et indirects surviennent à partir de novembre jusqu’en mars, avec un pic en décembre.

Cette année, la période avant les fêtes a été celle du confinement et du maintien des gestes barrières au sein des familles. « Mais nous voyons bien que ceux-ci sont de moins en moins respectés. On le voit à l’entrée de l’hôpital des enfants, une personne sur dix utilise le gel hydroalcoolique qui se trouve à l’entrée alors qu’il y a un an, en mars 2020, tout le monde aurait voulu se doucher avec », tacle la praticienne qui appelle à reprendre les réflexes de l’année dernière.