Cinq polluants présents dans l'air peuvent être responsables du cancer du sein

ETUDES Le centre anticancéreux de Lyon Léon Bérard a présenté ce mercredi les résultats d’études menées depuis dix ans sur les facteurs de risque

Caroline Girardon

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Illustration d'une mammographie
Illustration d'une mammographie — MYCHELE DANIAU / AFP
  • Le centre Léon Bérard de Lyon vient de dévoiler les résultats de plusieurs études menées pour connaître l’origine de certains cancers.
  • Elles révèlent qu’une exposition longue à la pollution atmosphérique accroît grandement le risque de cancer du sein.
  • Le lien entre les cancers des testicules et l’exposition aux pesticides domestiques est également établi.

Des chiffres éloquents. En France, chaque année, 160.000 personnes meurent d’un cancer tandis que 382.000 nouveaux cas sont détectés. Des statistiques vertigineuses d’autant que « 40 % d’entre eux sont évitables », constate le professeur Jean-Yves Blay, directeur du centre anti-cancéreux Léon Bérard de Lyon. L’établissement, qui figure parmi les références en France, a mené durant dix ans plusieurs études auprès de ses patients afin d’identifier les leviers permettant de prévenir les rechutes ou l’apparition de la maladie et de mesurer les facteurs de risque.

Si le tabagisme, l’alcoolisme ou la surcharge pondérale sont aujourd’hui clairement mis en cause dans l’apparition de cancers, d’autres éléments, pas encore identifiés, peuvent intervenir. « L’objectif du département du cancer environnement est de pouvoir découvrir les lieux encore inconnus, où se nichent les causes du cancer », précise Jean-Yves Blay. Les études pilotées par le centre permettent d’affirmer désormais avec certitude que la pollution n’est pas étrangère à l’apparition des cancers du sein. Loin de là.

Exposition longue durée

« Les femmes exposées à long terme (plusieurs années) à différents polluants atmosphériques risquent de développer de façon accrue un cancer du sein, dévoile Béatrice Fervers, coordinatrice du projet cancer/environnement à Léon Bérard. Nous en avons identifié cinq qui augmentent ce risque d’apparition du cancer du sein. »

Le benzo [a] pyrène, considéré comme un perturbateur endocrinien et émanant des combustions mal maîtrisées du bois ou du brûlage de végétaux à l’air libre, des gaz d’échappement automobiles ou des fumées de cigarette, en fait partie. Tout comme le dioxyde d’azote, les PCB 153 et les particules fines en suspension de type PM10 et PM 2,5 que l’on retrouve dans les feux de cheminée, les pots d’échappement ou les émanations de cigarettes.

Les chercheurs ont également fait le lien entre les cancers du testicule et les pesticides. « Nous avons montré dans des travaux, voués à être publiés, que l’augmentation du risque de tumeurs germinales du testicule était associée à l’emploi de pesticides domestiques dès l’enfance et l’adolescence ainsi qu’à certains fongicides », conclut Béatrice Fervers.