Coronavirus à Toulouse : La situation se dégrade rapidement, avec une brusque hausse des hospitalisations

COVID-19 Pierre Delobel, le responsable du service des maladies infectieuses du CHU de Toulouse, s’attend à « quinze jours difficiles »

Béatrice Colin

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Au sein d'un service de traitement du Covid-19 à l'hôpital Purpan, au CHU de Toulouse.
Au sein d'un service de traitement du Covid-19 à l'hôpital Purpan, au CHU de Toulouse. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • L’épidémie a connu une nette accélération au cours des derniers jours en Occitanie.
  • A Toulouse, le CHU de Toulouse a eu un week-end compliqué avec une cinquantaine d’hospitalisations en plus en très peu de jours.
  • Ses équipes s’attendent à vivre 15 jours difficiles et espèrent que les effets des mesures mises en place se feront ressentir d’ici peu, comme cela est le cas dans les 19 premiers départements « confinés » dès la fin mars.

Après avoir longtemps stagné, les hospitalisations de patients atteints par le Covid-19 ont grimpé en flèche ces derniers jours à Toulouse et plus généralement en Occitanie. Ainsi, sur l’ensemble du territoire régional, « le pic des hospitalisations connu lors de la première vague va être dépassé », a indiqué mardi soir l’Agence régionale de santé dans son dernier bulletin épidémiologique. Au total, 1.857 personnes étaient prises en charge pour cause de coronavirus dans les établissements publics et privés d’Occitanie, dont 393 en réanimation, soit 60 de plus au cours des quatre derniers jours.

Et c’est dans le département de la Haute-Garonne que la situation est la plus sensible. En début de semaine, 416 personnes se trouvaient dans les unités Covid-19 des établissements de soins. Au CHU de Toulouse, cette brusque dégradation de la situation s’est fait ressentir en moins d’une semaine.

40 % d’hospitalisations en plus en moins d’une semaine

Mercredi 31 mars, il y avait 132 patients touchés par le coronavirus hospitalisé dans les services dédiés, dont 40 en réanimation. « Ce mercredi, nous avons 190 patients hospitalisés, dont une soixantaine soit en réanimation, soit en soins intensifs. Au cours du week-end, la situation a été tendue avec un afflux de patients, plus d’une cinquantaine de plus en peu de jours », relève le professeur Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses et tropicales du CHU.

Pour faire face à « cette nette accélération », des lits supplémentaires ont été ouverts. Une situation à laquelle les praticiens s’attendaient vu la hausse des taux d’incidence, qui est désormais de 290,3 cas positifs pour 100.000 habitants en Haute-Garonne et monte à 322 cas pour l’agglomération toulousaine. « Les quinze prochains jours vont être difficiles. Les mesures prises pourraient ensuite avoir un effet, c’est ce qui est constaté dans les 19 départements où ces mesures ont été anticipées il y 10 à 15 jours et où l’on constate un léger infléchissement », poursuit le médecin.

Il compte aussi sur l’accélération de la vaccination qui a déjà produit ses effets sur la tranche d’âge de patients plus âgés, moins présents dans les services de réanimation. Si la moyenne d’âge a légèrement baissé, le profil des patients reste à peu près à l’identique. Les personnes hospitalisées plus jeunes à Toulouse ont souvent des comorbidités.